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Articles

Affichage des articles du décembre, 2010

Just Kids de Patti Smith

C'est rare les vraies belles rencontres. Dans la vie comme dans les livres. Quelqu'un qui partage un bout de notre petit univers, une sensibilité commune, quelqu'un dont on se dit "oui, on parle le même langage". En lisant beaucoup, en écrivant autant, en enchainant les films et les musiques comme un forcené, ça ne doit m'arriver qu'une ou deux fois par an. Ce n'est pas loin du choc, du coup de foudre, quelqu'un que vous aviez sur le bout de la langue et que vous croisiez enfin. C'est ainsi qu'un soir, j'ai commencé Just Kids de Patti Smith... encore des mémoires de musicien me direz-vous. Ben oui, je fonctionne par périodes...


D'elle, je ne connaissais pas grand chose pour être honnête. Enfin,  il m'arrivait d'écouter "Because the night", "Rock n'roll nigger", "People have the power" ou "Pissing in a river". J'avais glané ça et là que la dame citait volontiers Baudelaire, Rim…

Buddy Guy: Living proof

J'étais plein de bonnes résolutions, de projets constructifs: lire délicieusement les mémoires de Patti Smith dont je dirai grand bien ici très bientôt, écrire quelques nouvelles. Bref, Nico en mode écrivain ordonné et raisonnable. Et puis une amie, connaissant mes goûts musicaux et ma propension aux achats compulsifs, me dit au détour d'une conversation "Tiens, Buddy Guy a sorti un nouvel album...". Et là flash: je vois ce mec qui joue un blues endiablé sur sa guitare électrique. Je l'avais découvert comme ça, au détour de quelque documentaire dont j'ai oublié le nom. J'avais noté dans un coin de ma tête qu'il me faudrait faire plus ample connaissance avec ce bon Buddy. Donc je ne me suis pas fait prier pour me procurer sa dernière galette, Living Proof.



Pour être honnête, en bon fan des Rolling Stones, j'apprécie le blues depuis fort longtemps. Mais en dilettante (ce qui est un peu la manière dont j'apprécie les choses en général). Je prône …

Bukowski et moi (article de 2006)

Je discutais samedi avec une lectrice avec qui j'ai pas mal de goûts communs. De Californication, on se met à parler, logiquement, de Bukowski. Et je me souviens de cet article que je croyais perdu dans les limbes d'un ancien blog, depuis H.S. Et comme je suis quelqu'un d'assez constant, je suis d'accord avec ce que j'y disais, même 4 ans après. C'était juste après avoir lu Factotum, et avant, je crois, d'avoir vu l'excellent documentaire "Born like this", consacré au grand Hank. Donc voici un peu de ma prose "vintage"... 







J’ai lu Factotum de Bukowski la semaine dernière. J’ai une tendresse toute particulière pour les écrivains qui incarnent leur œuvre. Pour les autodidactes aussi. Pas ces écrivains clichés qui semblent être des puits sans fond de citations de bon aloi. En fait, je n’aime pas les gens qui en font profession, qui se disent brushing au vent et chemise blanche savamment décolletée (avec occasionnellement une tarte à …

Californication: Hank Moody forever

Mon histoire avec Hank Moody, mon double maléfique ou décomplexé au choix, écrivain en panne d'inspiration à l'existence plutôt chaotique, est assez profonde.

Dès le premier épisode, ça a été le coup de foudre. Un truc que j'aurais très honnêtement pu écrire. Première séquence: Un homme entre dans une église, jette une cigarette dans le bénitier et s'avance vers l'autel. C'est un écrivain, auteur d'un unique best-seller qui ne parvient plus à écrire une ligne. Il s'adresse à Jesus d'une manière toute personnelle. Puis, une bonne soeur arrive et lui offre une fellation qu'il accepte, tout en tentant de cacher le regard de son "époux" qui les contemple. Retentissent les notes du très pieux "You can't always get what you want" des Rolling Stones en guise de générique. Et le pécheur s'éveille ensuite de son rêve et doit fuir en catastrophe et à demi-nu devant la fureur d'un mari cocu, au volant de sa Porsche borgne. J…

Les Vies privées de Pippa Lee

Il y a des films comme ça... La première fois qu'on les voit, on passe à côté. Parce qu'on est soucieux ce jour-là, ou tout connement parce qu'on vous a dit avec une inébranlable conviction que "c'est pas bon". Du coup, vous vous plantez devant, mal disposé, tout prêt à relayer un jugement qui n'est pas le vôtre, par mimétisme et par paresse sans doute. C'est ce qui m'est arrivé avec ce Pippa Lee, réalisé par Rebecca Miller (dont j'avais pourtant adoré The Ballad of Jack and Rose, avec son époux, l'extraordinaire Daniel Day Lewis). Je trainais donc un certain goût d'inachevé avec cette oeuvre que j'avais mirée de travers. Elle décrivait pourtant pas mal de mes obsessions. Il n'était pas normal que je n'apprécie pas au moins un peu. De l'eau a coulé sous les ponts, je me suis détaché des critiques cinéphiles et de leurs humeurs, de leur manière de parler d'une seule voix également. J'ai retrouvé la mienne. J'…