Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du avril, 2011

Hugh Laurie: Let them talk

On a coutume d'entendre qu'un acteur ou une actrice qui chante, ben faut s'en méfier. Forcément ça sera des dilettantes dont on trafiquera la voix en studio pour rendre leur disque potable. Voilà. On dit ça quand on est critique et un peu con, ça évite de penser et ça permet d'avoir l'air plus intelligent que son prochain. Je m'attendais à ça en découvrant Hugh Laurie, invité de Ruquier la semaine dernière, faisant face aux tontons flingueurs Zemmour et Naulleau qui ont coutume de massacrer quelques têtes. Seulement à la décharge de ce duo controversé, ils n'ont souvent en face d'eux que des pseudo-écrivains, des pseudo-chanteurs... Mais, mettez-les en face d'un vrai bon artiste, ils ont le bon goût de respecter son talent (pas toujours toutefois). C'est heureusement ce qui s'est produit avec ce bon Hugh. Et l'interview de très bonne facture qui s'en est suivie lui a rendu un bel hommage. C'est à ça que servent les émissions de c…

Paul McCartney: Chaos and creation in the backyard/ Memory almost full

Je me disais un peu bêtement que tout ça n'était pas d'actualité, ces albums ont quelques années, donc bon... Cependant, ma découverte de Paul McCartney et de ces albums là en particulier date de vraiment pas longtemps. Cela remonte à l'époque où je lisais la bio de Lennon (voir plus bas). Et bizarrement, c'est la personnalité de McCartney qui m'a accroché et ces deux disques que je fais tourner en boucle depuis.



Ces deux albums là en particulier ont retenu mon attention (ses dernières productions en ce studio à ce jour, si l'on excepte le projet The Fireman, plus particulier). Parce que rarement j'ai été ému à ce point par la cohérence de morceaux, par la maitrise dont le chanteur légendaire fait preuve à chaque chanson, riches d'influences musicales et d'audaces assez admirables. Car il pourrait se reposer sur ses lauriers sans qu'on y trouve à redire. Et là, il évolue encore, compose encore, vit dans le présent, enrichit son oeuvre. Un peu co…

Le Nom des gens

La rumeur se répandait: Lionel Jospin avait joué dans ce film (pas suffisant pour me motiver, c'est son problème récurrent d'ailleurs, à Jospin). Ensuite, c'était l'histoire d'une fille qui convertissait les gens de droite voire d'extrême droite en couchant avec eux. Idée sympathique fondée sur une vision du monde assez manichéenne: à gauche, c'est les gentils, à droite c'est les fachos. Simple mais efficace. Mais bon, je m'attendais à une blague, une comédie française comme je ne les aime pas. Et bien je me trompais. Il a fallu attendre la sortie DVD pour m'en rendre compte.



L'histoire c'est celle d'un mec totalement coincé, nommé Arthur Martin (Jacques Gamblin), élevé par des parents un peu ternes. Sa mère a survécu à l'horreur de la Shoah. Cependant, sa réaction a été étrange, puisque chez eux, on ne parle que de choses de peu d'importance et on évite absolument toute forme de sensations hors du commun (hormis un goût pron…

Exposition Stanley Kubrick à la Cinémathèque

Prière de lancer "Ainsi parlait Zarathustra" de Richard Strauss à la lecture de cet article...

Vous y êtes? Vous le sentez, le monolithe? On y va? Bon...

Mon sang n'a fait qu'un tour quand j'ai vu qu'une expo était consacrée au grand Stanley Kubrick dont je revois la filmographie avec régularité depuis mes 15 ans. Ce sont des oeuvres que j'ai étudiées méthodiquement, en autodidacte, parce que Kubrick m'a fait comprendre la manière dont on faisait les films, les mouvements de caméra, la minutieuse préparation que le septième art exige, un perfectionnisme qui force mon admiration depuis longtemps. Il a été véritablement mon initiateur cinéphilique, plus qu'aucun autre, et ses images sont absolument gravées dans ma mémoire. Et à chaque fois que je revois un film de lui, j'y découvre quelque chose de nouveau. Son travail, pourtant parcimonieux (une douzaine de films en 40 ans de carrière), demeure un inépuisable trésor. Quelque chose d'intensé…

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen

Agoraphobe pratiquant à mes heures, adepte du cocooning forcené et Howard Hughes version fauchée, j'avais laissé passer la sortie de ce film au cinéma. Pour de mauvaises raisons. Parce que ce bon Woody se fend en moyenne d'un film par an et qu'ils peuvent parfois attendre, pour les fois où il est en petite forme. Et la rumeur disait que c'était le cas de cet opus: sympa mais sans plus. Etant pourtant un admirateur absolu du new-yorkais binoclard (au point d'en parler longuement dans l'Amérique que j'aime, puis sur Excessif.com où j'avais fait une rétrospective de sa filmographie sur... trente pages), j'avais ajourné la découverte.

Voyez-vous, on est un peu comme un vieux couple, je connais mes réactions en face de lui, je connais ses obsessions (que je partage pour une bonne part). Et j'ai la pensée insidieuse qu'à son âge, il a déjà livré toutes les nuances dont il était capable... C'est oublier qu'il m'avait impressionné sur Ma…