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Articles

Affichage des articles du mai, 2011

The Tree of life de Terrence Malick

La controverse enflait autour de la Palme d’Or attribuée la semaine dernière à Terrence Malick pour son Tree of life. Le film la méritait-il vraiment ? Etait-ce pour l’ensemble de son œuvre, comme l’un de ces honneurs vaguement posthumes que récoltent ceux qui n’ont plus rien à prouver et qui dominent la meute depuis trop longtemps pour qu’on les ignore ? Médias et critiques entretenaient le doute. On entendait tout et son contraire (certains allant même jusqu’à qualifier l’opus de « clip virtuose », d’autres –plus rares- criant au chef d’oeuvre). A la projection cannoise, le public se divisait, paraît-il, entre ovations et huées. Alors, pour faire le tri dans tout ce tintamarre, j’ai voulu aller voir, un peu après la tempête. Dans ma banlieue plus intéressée par les films d’action que par tout le reste, j’ai eu la chance de profiter d’une fin d’après midi, où nous étions moins d’une dizaine dans la salle, à l’heure creuse.



Evacuons tout de suite une chose : j’ai lu beaucoup de livres…

La Ballade de l'impossible, Norwegian Wood: Cinéma d'auteur, mon cul!

C’était par l’une de ces journées euphoriques où le monde semble sous ecstasy. C’était pendant le Festival de Cannes. Quoique non accrédité malgré mes incessantes prières d’athée convaincu, croyant au Deus ex machina (on ne sait jamais), malgré le fait d’être en région parisienne et loin de la croisette, au joli mois de mai, le cinéma m’appelle. La fringale me prend, mon regard se fait avide des fameuses 24 images par seconde, plus que d’habitude, c’est à dire largement au delà du seuil de tolérance du spectateur lambda. Ainsi je m’abandonne aux crises de cinéphagie les plus démentes.


Dans la folie de l’instant je me laisse entrainer d’un mot par une belle amie dans une salle obscure, simplement parce que le titre m’inspire, parce que ça évoque une chanson des Beatles que j’aime, « Norwegian Wood ». Je ne sais pas grand-chose, sinon qu’on a crié un peu partout au génie, à la profondeur des tourments, à la majesté des images. Innocent et sempiternellement romantique, limite inconscient,…

Titouan Lamazou: Femmes du monde

C’était en 2007, dans ces eaux là… Je venais de finir la Salade et le cassoulet, de le publier, et je me demandais ce que j’allais faire ensuite. J’avais plusieurs projets. Moins m’occuper de cinéma et m’occuper de ce roman qu’il me tarde d’écrire encore à ce jour. Toujours trouvé le moyen de l’ajourner, je ne sais pas trop pourquoi. J’attends qu’il s’impose à moi. Mais déjà je digresse. Un vieil ami, au fait de mon errance entre deux livres, m’avait entrainé à l’expo « Femmes du monde » au musée de l'homme. Nous l’avions tous deux adoré. J’avais même envisagé un temps de raconter des histoires à partir de ces photos. Mais j’ai fait autre chose. Pourtant cette expo m’est restée en tête, peut-être la plus belle que j’aie vue à ce jour.


Pourquoi j’en reparle alors des années après, vous demandez-vous ? Simplement parce que la semaine dernière, à la faveur d’une belle conversation, je suis retombé sur le souvenir que j’avais de ces croquis et de ces photos. Mais un peu lointain et un …

Cannes 2011: Minuit à Paris de Woody Allen

Ouh qu'elle était bête la rumeur, le scandale, le "buzz" comme ils disent autour de ce film. Alors oui on voit deux minutes Carla Bruni dedans, épouse de "Nicolas le petit" comme chacun sait... Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre? Ils étaient beaux les journaleux à s'exciter frénétiquement autour de ce qui n'est guère plus qu'une figuration... Après avoir vu le film, leurs gesticulations semblent bien dérisoires.


Parce qu'il est beau et poétique ce film, plein de la magie et des invraissemblances que permet le cinéma. Plus qu'aucun autre, Woody Allen a exploité ces impossibles histoires (dans Alice ou La Rose pourpre du Caire pour ne citer qu'eux). Parce que le cinéma n'est pas la vie, n'est pas le réel. Il est tout le contraire. On peut jouer avec, s'en moquer, le fantasmer, donner à l'existence le relief qui lui manque. Le cinema, pour ce vieux Woody, c'est toujours apporter à des destins désemparés, désaxés, …