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Affichage des articles du juin, 2011

Les Condiments irréguliers de Adrien Beau

Une amie proche a décidé de braver mon cocooning pathologique en m’invitant à la projection d’un film dont elle avait partagé le teaser sur sa page Facebook. J’avais trouvé la chose intrigante et belle, une œuvre muette, quelques plans qui rappelaient un peu Murnau. Je lui dis mon intérêt. Pourtant c’est un court-métrage, donc pas évident à voir. Ça s’appelle Les Condiments irréguliers, film réalisé par un jeune cinéaste nommé Adrien Beau. Donc j’allais affronter le trafic, ma phobie des taxis, des trottoirs et des inconnus pour découvrir l’œuvre, dans un cinéma parisien.
J’entre dans la salle. Le réalisateur adresse un mot embarrassé au public. En y repensant, je lui suis très reconnaissant de ne pas avoir dirigé mon regard, pointé de quelle manière il fallait recevoir son travail. Car il fait partie de ces gens qui donnent à ressentir plutôt qu’à comprendre. La lumière s’éteint (j’adore ce rituel).
On se retrouve immergé dans le quotidien blafard d’un château déserté. On y découvr…

Beginners

Certains films sont vendus de manière calamiteuse. L’argument de Beginners était donc une fausse piste. Il ne s’agit pas vraiment d’un jeune homme qui découvre que son père est gay. C’est ainsi que j’en avais entendu parler sur les plateaux-télé, avec cette faculté rare qu’a la promo : rendre absolument rachitique et anecdotique, une très belle histoire.


J’y allais avec ma compagne de cinéma, qui n’avait pas même entendu parler du film. Moi-même, j’avais hasardé un ombrageux « mais si ça a l’air vraiment bien ! », alors que bon, je n’en avais aucune idée. On était samedi. Le temps hésitait entre le soleil et la pluie. Après les légumes, on s’inquiétait pour la viande crue. On allait tous crever dans d’atroces souffrances sur une planète empoisonnée. Contexte normal et réjouissant qui m’incitait à croire, en éternel fuyard, un peu inconscient, qu’un cinéma s’imposait pour nous distraire des catastrophes qui nous cernaient. Tout cela n’a au fond rien à voir avec la vie que nous menons. …