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Articles

Affichage des articles du juillet, 2011

Anna Calvi

Je regardais il y a quelque temps ma télé d’un œil torve. Intermède dans le ronron des discours promos: une jeune femme s’avance, Fender en bandoulière. Elle semble timide. Sur la scène mal branlée d’un talk show, sa voix s’élève, quelque part entre Patti Smith et Nico, et elle chante un « Desire » incandescent. Forcément je m’anime, et je fais l’emplette de l’album que j’écoute en boucle depuis. La demoiselle s’appelle Anna Calvi. Le disque aussi.



Après une intro au son cristallin d’une guitare électrique pure et virtuose, vaguement flamenco, elle entonne un amour maladif. Cela s’emballe au refrain qui ressemble à une tempête désaccordée. Sa voix est un murmure à la suavité trompeuse où sommeille la fièvre de ce « No more words » lancinant où la dame implore son amant de l'enlacer. Entre harmonie et chaos. Quelque chose de Jeff Buckley dans le raffinement de son chant et de ses arrangements épurés.
Une sorte d’harmonie basique s’élève, d’orgues ou de cornemuse, le rythme s’installe…

Amy Winehouse: hommage et mouvement d'humeur

C’est dingue ce que les gens peuvent être prévisibles. « Agir comme les clichés qu’ils sont » comme on le disait dans l’insurpassable Six Feet Under. Alors hier, à l’annonce de la mort d’Amy Winehouse, chaque passant y allait de son petit commentaire assassin, moralisateur et plein de suffisance. Ce genre de chose aurait tendance à me rendre vaguement nauséeux. On a eu droit à pas mal de « elle l’a bien cherché », à des « d’toutes façons c’était une épave », ou même à ce jeune homme coiffé comme Justin Bieber lâchant gravement cette immortelle maxime: « ouais, la drogue c’est pas cool quoi. ». C’est très bien, tant d’étalage de vertus et de rectitude chez l’homme de la rue qui, comme chacun sait, peut se permettre de tout juger, puisque lui n’est jamais calamiteux dans le privé. Du moins, les tabloïds s’en foutent. Or les turpitudes de la jeune Amy étaient largement relayées par des médias goguenards et faussement désolés, jubilant secrètement devant cette fille en train de se ruiner.…

Winter's bone

Craignant la perspective d’un samedi soir désoeuvré et solitaire, j’avais loué un film Winter’s bone en VOD. Mode de location qui présente le double avantage de ne pas s’aventurer au dehors et d’éviter les merdes qui squattent les tubes cathodiques, surtout en période estivale. Au terme d’une journée d’onanisme culturel (lecture et musique alangui dans une pose approximative sur le canapé de mes rêvasseries), je lançais donc ce film, recommandé par une amie de bon goût. J’ai pour habitude de suivre les recommandations. Pas par docilité, mais parce que les invitations des autres vous emmèneront toujours vers quelque chose de surprenant, hors de vos références. Je me souvenais aussi vaguement de critiques extatiques… C’était l’un de ces films indépendants qui ne passent pas dans les cinémas sinistrés près de chez moi. Leur sortie DVD demeure donc la seule chance de les voir. J'ai donc vu celui là. Et ce fut une sorte d’uppercut.


Ree est une jeune femme de 17 ans qui doit se charger s…