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Articles

Affichage des articles du janvier, 2012

Millenium: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Millenium revisité par David Fincher… J'étais mitigé à l'annonce de ce projet. Parce qu'une adaptation suédoise de bonne facture avait déjà été réalisée, il y a très peu de temps. Et que grand réalisateur ou pas, ça sentait la récupération du phénomène par les grands studios. Je n'avais pas non plus été emballé plus que ça par la première mise en images (déclinée en une série qui révéla la belle Noomi Rapace) et je n'ai que peu de goût pour les enquêtes (d'autant que les aspects glauquissimes de celle-ci pouvaient relever du racolage le plus frelaté). Malgré mes considérations maugréantes, je n'oubliais pas que David Fincher fait partie du club très fermé de mes cinéastes préférés (responsable de références comme Seven, Fight club, Zodiac, The Social Network ou dans une veine plus classique mais somptueuse l'Etrange Histoire de Benjamin Button). Et force est de reconnaitre qu'à la sortie de la salle, j'avais peine à réprimer un large sourire de …

J.Edgar de Clint Eastwood

Raconter la vie du créateur du FBI a tout d'une gageure. 50 ans d'histoire américaine, d'évènements historiques capitaux et devenus quasi mythiques (de la traque du légendaire John Dillinger à l'assassinat de Kennedy). Aimant profondément Clint Eastwood depuis toujours, j'avais relativement confiance en lui pour résoudre ce casse-tête. "Relativement" car son dernier film en date est loin de m'avoir convaincu (le très bancal Au delà). Seulement voilà, le grand Clint est l'un de mes héros personnels depuis tout gosse. En grandissant avec son oeuvre de réalisateur, j'ai goûté fort son raffinement et son sens de la nuance. J'ai écrit souvent sur lui, dans des articles-fleuve. Il se trouvait déjà dans mon premier livre, L'Amérique que j'aime, dans l'un de ses plus longs chapitres, relatant mon rapport à son oeuvre. Dans le même ouvrage, j'ai fait, entre autres, de longues recherches concernant Kennedy, Martin Luther King, la ma…

Mad Men: le Monde d'Hier

Ce qui frappe quand on découvre Mad Men, c'est une sorte de sentiment diffus. On ne saurait dire pourquoi on aime. Parce qu'il ne s'agit pas d'une série à intrigue ou à rebondissements. On ressent une admiration plus raffinée, plus profonde. L'ambiance déjà, admirable. Les années 60 sont retranscrites sur l'écran avec une rare cohérence, une authenticité méticuleuse. On s'attarde sur les costumes,  on prend garde aux couleurs, aux coiffures… Tout cela rappelle une élégance disparue, une période proustienne, magnifiée par une mise en scène sobre et classieuse. On se souvient de ces hommes que l'on voyait fumer à la chaine, et se proposer des verres en guise de bienvenue. On se remémore ces apparences bien sauves, bien proprettes, de codes sociaux bien définis et scrupuleusement respectés. La norme triomphale et tirée à quatre épingles. C'est paradoxal de se retourner vers les manières de ce temps là, à la fois beaucoup moins aseptisé que le nôtre, et…