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Articles

Affichage des articles du avril, 2012

Un Métro de Retard: Shame

Le roman de Hubert Selby, Le Démon n'avait à ma connaissance pas d'équivalent cinématographique. On a pu croiser le psychopathe Patrick Bateman créé par Bret Easton Ellis sur grand écran. Mais la pulsion sexuelle était chez lui directement liée à la volonté de tuer. De massacrer même. Elle passait par la barbarie. L'obsession qui ronge le héros de Shame est plus insidieuse, plus insoupçonnable, plus commune d'une certaine manière. Car alors que l'on ne pouvait se rattacher au vide spirituel du héros de American psycho, ce qui dérange avec ce film, c'est précisément qu'il parle de nous. Des hommes évoluant dans un monde moderne désolé, clinique, aseptisé, artificiel jusque dans sa pornographie. Un monde où les sentiments n'ont plus de place, où on ne sait plus comment les éprouver.

Shame parle moins d'une addiction sexuelle que du malaise masculin: c'est un désir qui ne sait plus s'exprimer. Car oui, tel que je l'ai vu pour la première fo…

Un métro de retard: Hugo Cabret de Martin Scorsese

Alors que je me consacrais à mes ablutions matinales, testant l'accoustique de ma cabine de douche en beuglant "l'Opportuniste" de Jacques Dutronc (en référence à la campagne présidentielle finissante), j'eus l'idée d'une rubrique. Oui vous avez bien lu. Comme dans un journal, un vrai. Et à partir d'une constatation absolument cuisante: je ne vois que très rarement les films à leur sortie. Constat qui me navre et qui atteste de ma paresse et de mon agoraphobie militante, en même temps que de mon appréciation toute relative des bouffeurs de pop-corn (voir ma désolation devant True Grit et sa projection).

Bref, même si je consomme les émissions consacrées au cinéma en boulimique (le Cercle, Opération frisson et d'autres), je ne bouge que très rarement mon séant jusque dans les files d'attente. Ma carte UGC chauffe assez peu et je préfère largement la couette, le cocooning, l'attente fébrile des films en VOD ou en DVD (pour ceux dont je subo…

Titanic de James Cameron: une fascination unique

Il est des moments dans une vie de cinéphile, dont on sait qu'ils sont exceptionnels. La sortie du Titanic de James Cameron est de ceux là. J'avais à peine vingt ans. J'aimais les histoires pleines de souffle, d'amour adolescent et échevelé, et les grands symboles du temps jadis (autant dire que je n'ai pas trop changé). Je me souviens de la fièvre et de la ferveur des salles en 1997. Il y avait des files d'attente spécialement consacrées au film, on n'était pas très sûrs de trouver des places. Je suis allé le voir plusieurs fois, ce qui ne m'est que très rarement arrivé. J'avais le sentiment de découvrir un classique. On raconte qu'à la sortie de Autant en emporte le vent, on avait organisé une sorte de projection surprise dans la banlieue de Los Angeles. La première devant un vrai public. Et quand les gens découvrirent le titre du film qu'ils voyaient, ce fut une ovation exceptionnelle. C'est le genre d'anecdote qui rend vaguement …

De la Supercherie des Biopics

"Je veux mon biopic".

Si Cloclo a eu le sien, je ne suis pas loin de penser que n'importe qui peut faire office de sujet. Qu'un pareil ringard égomaniaque se voit qualifié de précurseur ou d'exemplaire (même s'il ressort du film que c'était avant tout un sacré connard), alors chacun pourrait constituer un sujet honorable. Car enfin, pourquoi lui? Brel ferait un beau sujet, Barbara, Brassens également... Baudelaire, Rimbaud. A partir de quand on a dérapé? Depuis quand on recycle même les légendes de supermarché? Depuis quand l'imagination n'est plus au pouvoir?

Les bras m'en tombent. C'est vrai quoi... Pourquoi personne n'a pensé à moi? L'adversité, le handicap, le self made man, les tourments amoureux, l'oeuvre cathartique... tout y est, c'est moi qui vous le dit... Jusqu'à mes aventures dans les paradis artificiels (la fois où j'ai gouté du Dr Pepper), et mes voyages (l'Amérique, l'Amérique, je voulais la v…