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Articles

Affichage des articles du août, 2012

Alanis Morissette: Havoc and Bright Lights

Il est des artistes avec lesquels on passe notre vie, sans forcément s'en rendre compte. Qui rythment régulièrement l'existence comme un pouls. On les retrouve comme des voix famillières, jamais oubliées. Alanis Morissette est de celles là. Quelqu'un qui me rappelle le lycée, avec ce premier album, Jagged little pill, où il n'y avait que des tubes incisifs, dont la radio nous inondait. Ce look aussi, l'idéal orientalisant et un peu hippie, qui m'avait inspiré beaucoup dans la création de mon personnage d'Elijea dans mon recueil La Salade et le cassoulet. Quelque chose comme un idéalisme, une spiritualité et une innocence perdue en nos temps de cynisme. Elle est presque un anachronisme.



J'ai acheté son dernier album en date, Havoc and bright lights, comme j'ai acheté les précédents, avec confiance, et la vague certitude qu'elle ne me décevrait pas, la joie de renouer avec sa voix, et un peu avec le temps jadis. Après son très bon Flavors of enta…

Perfect Sense

Au moment où le désoeuvrement guette, au coeur de l'été, dans ce no man's land languissant où les villes sont désertées pour les plages grouillantes, je reste en retrait. Ma solitude cotonneuse, je la peuple de livres, de séries, de musiques et de films. En quête sans doute d'un nouvel enthousiasme, j'écumais mon refuge vidéophile habituel. Un film a retenu mon intention cette semaine (alors que je me gavais paresseusement de négligeables productions hollywoodiennes), Perfect Sense


J'en avais vaguement entendu parler à sa sortie, j'avoue une grande faiblesse pour Eva Green, que je trouve superbe et que j'épouserai si elle me le demande. Le sujet m'intéressait également: une mystérieuse épidémie prive l'humanité de ses sens (l'odorat, le goût, l'ouïe, la vue). C'est un film consacré à la privation, à la cécité, et pour tout dire au handicap. Mais d'une manière détournée. On s'y interroge sur le fait d'être dépossédé de ce q…

Rencontre avec Marie Cherrier: l'histoire de Billie

Prologue
Il est rare que les gens que l’on admire ne nous déçoivent pas. Je n’aime pas l’exercice de l’interview, la vacuité que cela impose, d’être forcément en demande et le réceptacle d’une vérité absolue que l’idole distillerait du haut de son piédestal. Habituellement, j’évite. Mais seulement voilà... Marie Cherrier s’apprête à sortir un nouvel album pour la fin d'année. Alors, dépassant ma timidité pathologique, je lui envoie un mail, dans l’un de mes accès d’audace, irrépressibles comme des pertes de contrôle. Parce qu’elle a une place à part dans mon coeur, qu’elle est de très loin la seule artiste française que j’écoute véritablement, au point de lui consacrer un article l’année dernière (qui a trouvé son chemin jusqu’à l’intéressée). Et parce que ce nouvel album, intitulé Billie dont la sortie est prévue en décembre, m’intrigue fort.


A ma grande surprise, elle a accepté de me rencontrer. Rendez vous fut fixé un vendredi de fin de canicule, dans un petit bistrot de Montmart…