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Articles

Affichage des articles du septembre, 2012

Freddie Mercury: Barcelona (Special edition)

Je suis d'ordinaire plus que méfiant concernant les disques posthumes. Opportunités lucratives pour ayant-droits peu scrupuleux et héritiers entretenant leurs rentes à coups de compilations réchauffées (on ne compte plus les exemples, de Jimi Hendrix à Michael Jackson). Même l'effort louable de Queen avec son disque, Made in Heaven, sonnait par moments un peu bancal, avec les ultimes vocalises d'un roi ravi trop tôt, des prises de travail organisées avec style. D'autre part, je suis loin d'apprécier les efforts de Mercury en solo. De reprises paresseuses en orchestrations pas terribles (et parfois lorgnant furieusement vers la Dance music), ce n'est vraiment pas ce que je préfère. Pour autant, Barcelona est un cas à part. Même dans sa version d'origine. On trouve là la véritable grande inspiration de l'auteur de "Bohemian Rhapsody": l'opéra. C'est par ce projet qu'il s'en est approché le plus. Choisissant une voix qu'il ido…

Brioche: Rencontre avec Caroline Vié

Cela fait un moment que je connais le nom de Caroline Vié. J'ai été pendant quelques années comme elle journaliste de cinéma. C'est quelqu'un que j'aimais bien comme ça, sans la connaitre, pour ses goûts, son énergie, son enthousiasme contagieux. Le mois dernier sortait Brioche son premier roman, chez J.C Lattès. Je lui ai écrit après en avoir lu quelques extraits que j'ai appréciés. Je voulais la rencontrer et écrire à propos de son livre. Elle me le fait parvenir. Je le commence, avec la hantise qu'il ne tienne pas toutes ses promesses. Je le lis. Je le relis. Il me plait fort. Et nous finissons par prendre date, pour en parler.


J'arrive blindé. Avec un papier ridicule qui me sert de filet si d'aventure je ne sais pas quoi dire. Et pourtant, j'ai beaucoup à dire... je ne sais pas pourquoi j'ai toujours à ce point la peur des silences. Elle attend déjà. Je fais tomber mon dictaphone, elle me dit qu'elle est coutumière du fait. On commence à…

Aimee Mann: Charmer

Il y a bientôt deux ans, j'inaugurais ce blog, destiné alors à n'être qu'un à côté et qui, peu à peu, est devenu l'essentiel. Je voulais y parler de ce que j'aimais, au rythme de la plume, au hasard de ma vie culturelle. Je voulais y écrire des articles qui s'imposaient à moi, y parler des artistes que j'aimais. Aimee Mann s'imposa comme une évidence, parmi les premiers sujets. Elle n'avait pas d'actualité particulière alors. J'avais juste envie d'évoquer mon lien presque intime avec son oeuvre. Alors quand j'ai su qu'un nouvel album était annoncé pour septembre, j'ai stoppé toutes les machines et me suis jeté dessus. C'est ainsi que j'ai découvert Charmer, en une journée patraque et après une nuit blanche. Et il m'a redonné le sourire.


Le premier titre porte en lui l’idée qui présidera à l’ensemble et lui donnera son nom. C’est une chanson pop, enlevée, déroutante. Avec ce disque, Mann veut percer cet écran de f…

Bob Dylan: Tempest

Ma découverte de Bob Dylan n'est pas si ancienne. J'avais dans ma jeunesse, l'image de ce gavroche farouche et folk, avec guitare sèche et harmonica, héros malgré lui de toute une génération. Je ne me souviens pas exactement de ce qui m'a fait revenir sur cette idée préconçue. Peut-être l'excellent documentaire de Martin Scorsese, No Direction home, consacré à la jeunesse du chanteur et à son passage à l'électricité. Peut-être était-ce il y a six ou sept ans, quand j'écoutais Johnny Cash avec voracité et que je suis tombé sur son duo avec lui. J'ai alors rencontré le musicien le plus important de la culture populaire occidentale, rien de moins.


S'il tire son inspiration des racines de la musique américaine, celles de la country et de la "protest song" héritée de Woody Guthrie, son premier modèle, Dylan dépasse assez vite cela pour se muer en explorateur de toutes les musiques. Dès 1965 et son Highway 61revisited,  il trace son sillon et s…

Un Métro de retard: Detachment

De longs couloirs carcéraux rythment l'existence des désarrois adolescents. Y retourner confine à l'héroïsme. Et à croire au père Noel. Detachment parle de cet idéal bafoué. Pamphlet sans solutions et brûlot nihiliste, il évoque surtout toutes les impasses auxquelles sont confrontés quotidiennement les enseignants. Et même s'il paraitra outré à pas mal de bonnes âmes (habitant dans le 16ème ou à Versailles), celles qui croient qu'on peut encore se sortir de la merde, il m'a paru plutôt juste.  Son réalisateur Tony Kaye, responsable de American History X, n’est pas du genre à laisser indifférent. Ou à dresser le portrait d’une société rose bonbon.


C'est un film sur les ravages de notre fadeur et de notre médiocrité intellectuelle généralisée. Sur la violence de l'ignorance crasse et de l'inculture qui a imposé peu à peu sa paresse dans toutes les consciences. Sur les destins que ça brise, sur cette pensée de l'instantané permanent, de la gratuité, d…

Un Métro de Retard: Cloclo de Florent Emilio Siri

Cloclo… Rien que le titre me faisait frémir et me rappelait les rengaines nasillardes du blondinet survolté. Je n'étais pas disposé à voir ce film, tant son sujet m'a toujours filé des poussées d'urticaire et tant ce que je connaissais du personnage me paraissait absolument antipathique. Un mythe de supermarché entretenu par des commémorations cathodiques pitoyables et régulières. Pour me faire aimer ce film, il fallait un regard, un point de vue, une réinvention du biopic et de ses codes, pour faire de ce tocard une manière de symbole. Je n'en rêvais pas. Loin de là. Et pourtant l'excellent Florent-Emilio Siri l'a fait.


Car ceci n'est pas une énième resucée des panégyriques habituels pour croulants nostalgiques. Ou la glorification fallacieuse d'une idole de pacotille. C'est même le contraire. Siri brosse le portrait d'un homme à la mégalomanie galopante, avec un rêve chevillé au corps et une opiniâtreté à décrocher le monde qui n'est pas …