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Articles

Affichage des articles du octobre, 2012

James Bond: Skyfall

Skyfall murmurait la rumeur. Sam Mendes, renchérissais-je, l'un de mes réalisateurs préférés (l'homme derrière la caméra de American beauty, les Sentiers de la perdition ou Les Noces Rebelles). Et bien-sûr, James Bond, icône du septième art, qui n'a que rarement eu les honneurs d'un metteur en scène digne de ce nom. Alliance étrange et singulière. Intrigante. L'une des promesses les plus excitantes au cinéma, ces derniers temps. J'étais tout disposé à perdre tout sens commun et à m'enthousiasmer sans retenue, comme ce fut le cas devant la bande annonce, découverte le mois dernier. Bilan: c'est un beau film, esthétiquement le plus abouti de la saga, mais j'ai mes réserves.



Devant 007, on se fout de la cohérence, du sérieux, de la psychologie. Tout au long de la saga, c'est un plaisir régressif que l'on ressent, devant les gadgets les plus improbables, l'action la plus débridée et les missions totalement invraisemblables. C'est le seco…

Patricia Petibon: Nouveau Monde

J'ai souvent déploré que le classique soit empoussiéré. Réservé aux grands bourgeois conservateurs à la bouche pincée, à la perruque poudrée. Ce genre d'apriori a la vie dure. Et si j'ai aimé instantanément la musique romantique (Chopin, Beethoven, Verdi, Puccini ou Wagner), il m'a fallu beaucoup plus de temps pour me convertir à l'époque antérieure au XIXème siècle (à la musique baroque en somme). J'imaginais toujours quelque chose de désuet, de la musique de musée, d'un intérêt archéologique certain, mais dont les codes sont si éloignés de nous qu'ils ne sauraient nous toucher. Comme souvent, j'avais tort. Comme souvent, je me suis ravisé. Je n'aime pas céder à la facilité des raccourcis, à l'attrait des caricatures et des idées reçues. Cela donne l'air d'avoir des opinions bien tranchées sur le moment sans doute, mais ça rend surtout totalement stupide. Mais je m'égare.


Il m'a fallu, pour revenir de mes belles certitudes …

Hélène Grimaud et moi: Histoire(s) d'un Duo

C'était par une fin d'après midi d'automne, il y a une quinzaine d'années. J'étais alors tout jeune étudiant, j'ingurgitais tout ce que je pouvais de culture classique, avec un appétit insatiable qui me laisse rétrospectivement pantois. J'étais au début d'une sorte de quête initiatique qui n'a pas cessé depuis, où je me nourrissais de cinéma, de musique et de littérature. J'avais l'enthousiasme des grands commencements. J'étais au pied de grandes montagnes dont je savais déjà pertinemment que je n'atteindrais jamais le sommet. L'important n'est pas la destination mais le voyage. J'avais une passion naissante pour Beethoven qui résonnait beaucoup avec les amours déçues qui ont peuplées ce temps de l'existence, celui des premières désillusions, celles qui durent longtemps. Premières mélancolies aussi et grandes aspirations. Ce fut une période mélangée, une fin d'adolescence très chaotique et indécise. Alors que sor…

Des Hommes sans loi

L'Amérique est rarement dépouillée de son aura mythique et des idéaux dont le cinéma l'a nimbée. Même ses démons sont prétextes à légende. Des Hommes sans loi de John Hillcoat, c'est le film de la déréliction. Le visage miteux et l'envers d'une mythologie que l'on a choisie d'imprimer ou de filmer plutôt que d'en montrer la part d'ombre. C'est un film sur le désenchantement et la violence, un peu ce que le western spaghetti fut au western originel (mais sans la dimension parodique). A plusieurs reprises, j'ai songé à Sergio Leone, à Missouri Breaks, où les cowboys étaient crasseux et couverts de boue, ou encore à la violence de Sam Peckinpah. Ce film n'accepte pas les conventions du genre, ne s'attachera pas à des êtres marquants comme John Dillinger ou Al Capone, mais à d'obscurs bootleggers qui oeuvraient pendant la prohibition.



Le film s'ouvre sur des guimbardes déglinguées qui trimballent des caisses de tord-boyaux (disti…