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Articles

Affichage des articles du février, 2013

Le Début de la Tyrannie de Tristane Banon

En commençant Le Début de la Tyrannie de Tristane Banon, que j’évoquais de manière détournée il y a quelque temps et dont je veux ici parler directement, j’ai songé au début de l’Etranger de Camus, dont ce livre est l’antithèse. Alice, son héroïne, apprend également la mort de sa mère, Maud. Son monde s’effondre, par l'une de ces journées rendues vagues et cotonneuses par les mauvaises nouvelles. Elle vacille et vit son cauchemar. Elle n'a pas su s'éloigner de celle qui lui a donné le jour. Toujours sous son emprise, toujours dépendante, même si elle s'en défend et trouve à l’occasion cette domination insupportable. Leurs destins sont liés. Son âme est marquée au fer rouge par cette relation fondatrice.


C’est par petites touches que l’auteure évoque l’intériorité de son personnage principal, dessinant sa vie par allusions, par sa relation fusionnelle avec son semblable Gregory. Par ses pensées incongrues (les profils Facebook des personnes décédées que leurs proches o…

Oscars 2013: Nuit américaine

Tous les ans c'est un rite, je me mets à l'heure américaine pour regarder les oscars en version originale. Un peu comme un pèlerinage, un break et un voyage dans des contrées qui comptent pour moi. Après avoir eu d'irrépressibles envies de pendaison devant les Césars, leurs sketchs qui tombent à plat et leur public totalement anesthésié, les "Academy awards" sont un moyen de vérifier que personne ne sait divertir comme les habitants du nouveau monde. Et on aura beau dire, voir Dustin Hoffman, Tarantino ou Spielberg dans le public, ça fait fleurir sur mon visage un sourire béat de midinette. Février a toujours pour moi ce parfum d'excentricité, à voir récompensés des films que j'ai souvent vus, et un cinéma que j'aime. J'avais couvert la cérémonie il y a quelques années, en faisant le compte-rendu pour un site de ciné, les gens normaux étant assoupis comme il se doit. Il fallait un vampire cinéphile pour s'infliger cette astreinte insomniaque. …

Nick Cave & the Bad Seeds: Push the sky away

La voix s'élève, grave, comme surgie d'insondables profondeurs, pleine de ce charme glauque, érotique, poisseux, sombre qui fait toute la beauté du timbre de Nick Cave. Une chanson alanguie et inquiétante ouvre cet album singulier, Push the Sky away, le quinzième du groupe, enregistré dans le sud de la France, en quête de quelque chose de neuf et d'enrichissant.


Le souffle est puissant dès le premier morceau et l'envoutement total. Il y a quelque chose d'hypnotique et fascinant dans les paroles du grand Nick et les mélodies qui les accompagnent. Il s'agit autant de poésie que de sensation. Il est l'un des seuls à allier avec autant de grâce le dyonisiaque et l'apollinien. Charme vénéneux. Langoureux vertige. L'indifférence des arbres, la stridence épisodique des accords d'un orgue, la respiration épaisse. "We No who U R" vient de commencer, comme une insomnie. Push the Sky away s'annonce comme un voyage imaginaire sans précédent. …

Le Temps des procureurs

Hier soir, cédant à une nonchalance paresseuse, Je me laissais aller à la dérive sur le néant cathodique. ça arrive parfois. Quand on n'est pas très fier de n'avoir pas l'énergie de prendre un livre ou de mettre un film. On se retrouve en des lieux improbables et souvent insomniaques, devant des chasseurs en battue, des partie de Poker entre zombies mutiques ou des idiots qui se querellent dans une Télé-réalité qui n'a pas eu les honneurs du Prime-time. Dans la demi-torpeur, on se laisse submerger par cette médiocrité bruyante, sans avoir la force d'appuyer sur "off".



Je n'aime pas l'émission de Ruquier. Interminable, mal branlée, une sorte de fourre-tout d'humour pas drôle et de mauvaise culture, à la gloire de chroniqueurs payés pour être toujours fielleux à défaut d'être toujours brillants. Mais ce soir-là, le plateau était investi par les fans de Shaka Ponk, phénomène rock et exceptionnel que j'admire depuis pas mal de temps et don…