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Articles

Affichage des articles du novembre, 2013

"Descente" et "Acharné" de François Grillères et Aymeric Nogué

C’était un samedi. On avait réglé le réveil assez tôt pour ne pas arriver en retard à la projection. La Tour Eiffel aussi semblait embrumée de torpeur.
Devant le cinéma « Grand Action » à Paris, je vois un grand type barbu et souriant, un peu courbé par le froid et le trac, attendant l’ouverture des portes et l’arrivée du public avec fébrilité. C’est François Grillères. Je le salue, nous échangeons quelques mots. Les gens arrivent. Une sorte de famille se recompose. Beaucoup ont travaillé sur ces films, on sent une grande chaleur, une solidarité, une complicité artistique et des destins rapprochés. Je ne dis pas grand chose et j’écoute beaucoup. On entre dans la salle.


Je ne sais trop à quoi m’attendre. Les réalisateurs improvisent un court discours de gratitude, craignant comme tous les artistes de présenter leur travail pour la première fois. Le noir se fait. Le premier court, Descente, commence, avec l'image d'un cadavre en décomposition, gros plan sur des chairs blafarde…

Lecture de ma nouvelle "Baby sitting Blues" par Izabelle Ricard

Cette seconde lecture avec Izabelle Ricard fut un moment particulier.

Après celle, grave et posée de "Stairway to heaven", nouvelle austère et assez sombre, une sobriété et un sérieux qu'il m'intéressait beaucoup de découvrir dans la voix et le regard d'Iza, j'ai voulu la laisser libre. Je voulais aussi montrer un autre aspect de mon recueil, Redemption songs. Alors, on a changé de pièce. On a investi la cuisine, quand le jour baissait. Je lui dis mon idée du personnage, quelqu'un que j'imaginais mère de famille, cynique, rock n'roll, revenue de tout. Heureusement je ne lui en ai pas dit trop. Pour qu'elle se l'approprie. Et le petit lutin s'est déchainé.



J'ai vu le travail de la comédienne, la première vague d'inspiration, d'improvisation. Elle empoignait des ustensiles autour d'elle à la première lecture, ajoutait ses mots à elle, sa fantaisie à elle. Tandis que, quand on a filmé "Stairway", elle était vraim…

Inside Llewyn Davis

Mon amour de l'oeuvre atypique des Frères Coen ne date pas d'hier. Je me souviens d'articles dithyrambiques que je leur consacrai dans d'autres lieux il y a quelques années. Je me souviens de la première fois où j'ai vu The Big Lebowski, de mon émerveillement devant l'écrivain en panne d'inspiration dans Barton Fink, mon ravissement devant O'Brother... C'est comme si, sur l'écran, vous voyiez s'animer un peu du bordel que vous avez dans la tête... De plus, quand j'ai su qu'ils allaient raconter le destin d'un chanteur folk dans le New York du début des années 60, l'admirateur de Dylan en moi s'est mis à piaffer d'impatience.



J'ai découvert Inside Llewyn Davis dans la fébrilité d'une avant première. C'était le second film de la journée. C'est toujours un peu risqué de les enchainer, car alors, l'un chasse l'autre dans le souvenir et il ne se grave pas en nous comme il le devrait. Mais j'aime…

Gravity

La rumeur bruissait des dithyrambes les plus exaltés. Mes connaissances cinéphiles trépignaient d'impatience. On parlait de révolution, de "jamais vu", d'une claque qui vous renvoyait aux émerveillements premiers du septième art, où vous redeveniez un gamin béat d'admiration devant les merveilles qui s'offraient à votre regard. Je me méfie toujours de ce genre d'emportement. Je me suis même retenu de voir les bande-annonces qui, savamment, filtraient sur le net et amplifiaient l'attente (et la déception potentielle, car la barre était haute). Plusieurs fois, on a été refoulés à l'entrée des cinémas bondés, la semaine de la sortie, une effervescence comme je n'en avais pas vue depuis Avatar, et cette fébrilité qui s'empare des foules, aux abords d'un évènement d'exception. Le cinéma peut avoir encore cette force d'attraction. La folie douce des regards avides.



Enfin une fin d'après-midi, nous prenons place dans la salle. Je …

Lecture de ma nouvelle "Stairway to heaven" par Izabelle Ricard

Il y a de cela quelques années, une troupe de jeunes comédiens avaient donné lecture et mis en scène quelques uns de mes écrits. J'avais découvert la force que pouvaient acquérir mes mots lorsqu'ils étaient incarnés, par des gens qui avaient su se les approprier.  J'ai longtemps caressé le projet de retenter cette expérience, qui m'avait bouleversé, ravivé un peu ma flamme et ouvert tout un champ des possibles que je n'avais jamais envisagé.

Izabelle Ricard, comédienne de son état, avait aiméRedemption songs et autres nouvelles très fort. Elle était d'accord pour faire la lecture de quelques extraits. On en avait parlé à l'époque de la sortie du livre, sans forcément concrétiser la chose. Mais je la gardais, dans un coin de ma tête. Je l'ai vue plusieurs fois jouer, dans Traversées la Pièce. J'avais été impressionné par sa présence, notamment à la toute fin de la représentation. Les actrices se succédaient dans des petits témoignages filmés, projeté…