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Articles

Affichage des articles du décembre, 2013

Melissmell, Dans la Gueule du Loup

Elle est entrée sur scène, là debout à deux mètres de moi. Le regard perdu dans le lointain de sa chanson, les gestes incarnés, totalement habitée par ses paroles. Le souvenir est flou, déjà, même s'il date d'hier soir. J'ai des valises d'impressions sous les yeux, le souvenir de la voix brisée de Melissmell qui me poursuit.



Je m'étais laissé entrainé dans ce petit théâtre d'Ivry par mon père qui l'aime fort, auprès de ce groupe et cette chanteuse, dont la voix écorchée m'avait la première fois, mis les larmes aux yeux. Par une étrange nuit froide où la pluie commençait. L'une de ces salles aussi où la place réservée aux fauteuils roulants est au premier rang, où il n'y a guère d'estrade en guise de scène. Du coup, on se retrouve en face à face avec les artistes, avec un sentiment d'intimité effarant, et l'impression tenace qu'ils jouent pour nous. Rien que pour nous.


L'inspiration de Melissmell est rageuse, toute empreinte d…

Entre Nick Cave et moi: confluence d'influences

J'ai véritablement découvert Nick Cave à la fin du mois dernier. Je le connaissais déjà avant, depuis longtemps, depuis l'époque de son disque Abattoir blues, dont une fille m'avait parlé avec passion. Puis j'ai recroisé sa route, à l'époque de ces merveilleux duos sur les derniers disques de Johnny Cash (avec également une reprise poignante de "The Mercy Seat"). Mais la rencontre était encore à faire, même après mon écoute absorbée de son dernier opus en date, Push the Sky away, accompagné de ses vieux complices des Bad Seeds.

Ainsi j'ai enfin vu le phénomène en concert, en charisme et en os, à Paris, un soir d'hiver. Ce fut une expérience assez marquante. L'impression d'avoir vu un poète incarnant totalement et intensément son univers, avec un magnétisme unique. La foule était pendue à chacun de ses mots, à chacun de ses mouvements, on sentait des frissons parcourir la salle. Ainsi je l'ai fait mien, à l'égal d'un Jim Morriso…

Hemingway et Gellhorn de Philip Kaufman

Il est des films qui vous ramènent à d'anciennes passions.

Je n'attendais pas grand chose d'autre de Hemingway & Gellhorn, film de prestige produit par HBO et réalisé par Philip Kaufman (réalisateur de l'Etoffe des héros, l'un de mes classiques, et responsable de ce chef d'oeuvre qu'est L'insoutenable légèreté de l'être). Il s'agissait de raviver ma vieille flamme pour ce bon Papa Ernest, à qui je m'étais longuement consacré pendant l'écriture de l'Amérique que j'aime, il y a bientôt dix ans. Je me suis réveillé tôt ce matin. Sans vraiment de raisons. Juste parce que je n'aime pas veiller tard. Ce film dormait depuis quelque temps déjà à l'entour de ma télé. J'avais une hâte toute relative à le découvrir. Tout au plus une curiosité. Je suis habitué aux reconstitutions un peu poussives, pédagogiques, de la trempe de ce que peut produire la BBC dans ses gros coups de mou. Peut-être était-ce la semi-torpeur, peut-êtr…