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Articles

Affichage des articles du mai, 2015

Foo Fighters: Sonic Highways

C'était au milieu d'une insomnie.

A cette heure étrange qui n'est plus tout à fait la nuit, ni encore tout à fait l'aube. L'heure des regards égarés qui découvrent des trésors parce que le monde leur appartient encore. Je lance une vidéo, un peu au hasard dont j'avais vaguement entendu parler. Et Dave Grohl me plonge dans son odyssée américaine. A cette heure où il n'y avait pas encore de chemins prévus ou de programme pour la journée, je me laissais emporter par ces Sonic Highways. D'abord avec une curiosité brumeuse, pour faire passer le temps en attendant que le soleil se décide à se lever ou mes yeux à se fermer. Puis avec une passion dévorante.

Je ne peux pas dire que j'étais vraiment pris au dépourvu ou totalement surpris. L'ex-batteur de Nirvana et actuel leader des Foo Fighters est une sorte de musicologue (version incroyablement cool, rock, énergique), un érudit généreux et enthousiaste qui peut réussir à vous émouvoir, rien qu'en …

Whiplash: de bruit et de fureur

On était samedi soir.
L'épaule et le dos fragiles rendaient mes sorties parcimonieuses.

J'avais accumulé des locations, des pulsions de VOD, des accumulations de vieux conseils. Des films dont on m'avait parlé, que je n'étais pas allé voir à temps, parce que mon humeur ne s'y prêtait pas. Certains dont je n'avais vu que des extraits, des images fugitives qui, finalement n'ont pas tenu leurs promesses. Et puis il y avait Whiplash de Damien Chazelle qui croulait sous les dithyrambes l'année dernière. J'ai tendance à me méfier de ça. Souvent, c'est déceptif. Alors il était là, m'attendant depuis des jours. Et puis ce soir-là, un peu par hasard, par désoeuvrement et avec une curiosité fataliste, j'ai lancé le film.

Et l'orage a éclaté.



L'ambiance est austère, sombre, nocturne et claustrophobe. La plupart du film se déroulera dans le milieu fermé d'une classe de musique qui répète. Un peu à l'écart du monde. Un jeune homme se …

La plume de Myriam OH: un visage dans la foule

Régulièrement, on m’envoie des manuscrits. Souvent, ce sont des gens que je connais de très loin, de vagues relations qui titillent la muse et qui espèrent que j'aiderai à leur publication (ce dont je n'ai pas le pouvoir). Parfois c’est bien foutu, souvent c’est très mauvais. Une seule fois j’en ai trouvé un beau et émouvant, et j’en ai écrit la préface avec joie quand il a été publié. Mais la plupart des gens font des phrases, s’en enivrent, en se disant qu’ils font de l’art, comme des peintres du dimanche. Je ne m’en offusque pas. Je trouve même ça touchant. Au bout d’un temps, on retrouve les mêmes états d’âme, couchés sur le papier avec les mêmes mots et les mêmes influences. Ou si peu de différences. C’est bizarre comme notre société du réseau social, où chacun se met en scène, a mis en lumière cette standardisation. Tout le monde écrit. Tout le monde fait des films. Tout le monde partage, peu ou prou, les mêmes rêves et les mêmes souffrances. On chante à l’unisson. Dans…

Mon chemin vers Wildpath

Tout commence par un message. De ceux qui font naitre un irrésistible sourire et raviver un monde que l'on croyait un peu volatilisé:

"Nico, Wildpath joue à un festival de Heavy Metal à Evreux, on t'embarque?"

La période était morose. Je vivais reclus depuis un mois, convalescent, en dérangement et perclus d'attentes. En début d'année, j'avais découvert ce groupe. C'était chez Caroline Vié qui m'a ce jour-là présenté son époux. Il a décelé chez moi l'amateur de métal symphonique. On avait parlé musique. J'avais vu Slash, quelques temps auparavant. J'ai évoqué mes souvenirs adolescents et chevelus, les disques des Guns N'Roses (forcément), de Skid Row et les concerts de ACDC ou de Metallica. Rien ne rapproche comme la musique ou le cinéma. Jean-Marc Toussaint, puisque c'est son nom, m'a donc fait écouter ce jour-là des chansons de ce groupe qu'il avait contribué à produire: Wildpath.


J'y retrouvais mon goût pour l…