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Articles

Affichage des articles du novembre, 2016

Super 8 Madness

L’époque est à la nostalgie aseptisée. On fantasme un univers d’enfance lisse, plein de gadgets improbables et de références rentrées dans la culture populaire. Oubliée la transgression. Oubliée l’isolement et l’ennui où s’étiolait une jeunesse qui n’avait pas les mêmes moyens qu’aujourd’hui pour exprimer ses fantasmes, ses pulsions, ses frustrations, son esthétique. On parle de notre adolescence avec l’attendrissement des vieilles gens, évoquant leur bon vieux temps de carte-postale, l’œil humide. On a oublié. La fringale de cinéma permanente, à laquelle on était exposé si on ne vivait pas en ville, dépendant de diffusions télé hasardeuses ou à des heures indues, de sorties en vidéos aléatoires sur des magnétoscopes pas encore très abordables. Alors, quand on était dingues de cinéma, il y avait la caméra super 8 familiale pour faire ses premières armes, à l’image de Steven Spielberg, Peter Jackson ou Sam Raimi.
Mais nous sommes en France ou ce genre d’initiative, d’explosion de créa…

Lux de Maud Mayeras

On est lâché au début de Lux de Maud Mayeras (paru chez Anne Carrière) comme au début d’un film.
Avec cette étrangeté qui émane des plus sombres opus des Frères Coen, ces intériorités tourmentées que l’on a guère ressenties avec autant d’acuité que chez Cormac McCarthy.

Antoine débarque dans une ville australienne. Il y a passé son enfance. On en a des flash-backs : sa mère qui plaque tout pour emménager là, l’élevant avec ce curieux accent français qui étonnera les autochtones. Là il rencontrera son inséparable ami, Hunter, le fils des Redshaw. Ensemble ils vivront une amitié intime et passionnée. Ensemble ils vivront un drame dont Antoine ne se remettra jamais. Il est revenu pour y mettre un point final. 

On explorera ce monde, surveillant les allées et venues de Cockie, géant à demi-fou qui intrigue les deux compagnons. On revivra la tragédie fondatrice qui a frappé Hunter. La vengeance d’Antoine, bien des années plus tard, sera immédiatement balayée par un raz de marée. Cet évène…

Le Puits de Lofti Bouchouchi

C’est étrange de sortir un soir pour aller à Pontault Combault voir un film. On traverse des villes fantômes, plongées dans la nuit noire de Novembre, avec des existences calfeutrées dans des pavillons ternes et des rues hésitantes entre la lueur diffuse du phare au sommet de la Tour Eiffel que l’on aperçoit par intermittence et la forêt profonde. Mon amie Layla Metssitane jouait dans ce film, Le Puits de Lofti Bouchouchi, en course pour les Oscars pour représenter l’Algérie. L’avant-première a lieu là, pas très loin de chez moi. Je veux voir jouer Layla depuis longtemps, après m’être émerveillé de sa voix et de sa présence pendant de belles lectures. Elle m’a dit qu’elle ne pourrait pas rester longtemps ce soir, juste le temps d’un salut avant de se rendre aux dures lois du RER.


J’arrive en avance au cinéma. Un public de cinéclub s’y presse. Je vois l’affiche du film. J’entre par des chemins détournés dans la salle. Le réalisateur et ses comédiens arrivent pour saluer l’audience. Q…