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Articles

Affichage des articles du janvier, 2017

Attachement Féroce de Vivian Gornick

Il est certains destins qui contiennent des mondes. Des intimités passées sous silence et des liens tellement courants qu’on ne sait plus en voir l’intensité. Ainsi, quand Vivian Gornick explore son enfance et plus particulièrement sa relation avec sa mère, c’est comme une photo en noir et blanc qui s’animerait et retrouverait ses couleurs. Sur la couverture d’Attachement Féroce, publié chez rivages, on voit une mère et sa fille de dos, devant La ligne d’horizon de Manhattan. C’est exactement cela. Une vie qui contiendrait une certaine idée de New York.


Dès les premiers mots, on en ressent la pulsation, celle qui vous saisit quand vous y débarquez la première fois. Ces femmes qui s’invectivent d’un balcon à l’autre, le peuple entassé dans les buildings, des tranches de vie qui cohabitent et des intimités mitoyennes. Cette familiarité, cette communauté étrange, cette proximité que l’on voit dans les premiers films de Scorsese. Ces origines et ces traditions encore présentes, l’ascenda…

Par Amour de Valérie Tong Cuong

Dans certains livres sommeille la mémoire. 
Et d’un coup vos ancêtres parleront dans les mots imprimés sur la page. Vous vous souviendrez de votre passé, de celui de votre famille, de votre pays, de ces voix éteintes qui font partie désormais du panthéon de votre enfance et qui dorment dans la pierre d’un petit cimetière attenant à l’église du village d’où vous êtes issu.
J’ai eu la chance de connaître mes arrières grands parents, qui ont vécu longtemps et dont le souvenir s’est inscrit en moi. J’ai grandi avec leurs deux guerres, les frères du grand père Félix, rescapés de la Première, revenus aveugles, impressionnants et marqués. Leurs noms qu’on murmurait respectueusement et rêveusement avec le sentiment de les avoir connus. L’angoisse de ses femmes alors que Felix fut envoyé sur la ligne Maginot puis a rejoint la résistance. Les allemands dans le village, la mère et sa fille seules dont j’imagine l’angoisse dans les bruits de la nuit. La peur de ma grand mère au moment où on bomb…

Marx et la poupée de Maryam Madjidi

J’ai entendu sa voix dès le premier chapitre. 
Elle était dans le ventre de sa mère. Cette dernière était au cœur d’une bataille. Des horreurs se déployaient devant elle. Il lui fallait s'en échapper. 
Je me suis trouvé plongé sans préavis dans le chaos. Je ne connais rien à la révolution iranienne. Je n’attendais pas même ce livre, Marx et la poupée de Maryam Madjidi (publié chez Le Nouvel Attila). Il est arrivé un peu par hasard dans ma boite aux lettres à la faveur de la rentrée littéraire de janvier. Je l’ai ouvert parce que j’ai aimé le titre étrange. La photo de couverture en noir et blanc, une fillette avec une mitrailleuse dans le cadre d’un écran télé au milieu d’un terrain vague. Ce livre singulier m’a intrigué au premier regard.


Je me plonge dans cet ailleurs après le coup de tonnerre inaugural. Je me demande vaguement si Maryam Madjidi pourra maintenir l’intensité de ce premier flash, la manière dont on le ressent intensément. Ça sera le cas. On ressentira tout intime…