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Articles

Affichage des articles du avril, 2017

Ceci est mon sexe de Claire Barré

"ça fait longtemps qu'un roman n'a pas pris toute la place"

Cela fait partie des mots que j'ai envoyés au fil de ma lecture à Claire Barré. Je ne le fais presque jamais. J'attends d'être au bout, de faire mon article pour trier mes émotions. Des fois, même, plusieurs jours se passent avant que je ne me décide à écrire. Mais là, c'était incroyable. A chaque chapitre et à chaque paragraphe, j'étais secoué, Incité à une forme de cri d'adhésion. ça se bousculait à la lecture, ça remuait tellement de choses que j'avais peur d'en oublier la moitié, comme c'est le cas quand le temps passe. Souvent on se souvient de l'orage, pas de chaque éclair. Pas là. Ce livre, comme rarement, est demeuré. Mystérieux comme un coup de foudre ou un réveil en sursaut.



C'était un soir. Une petite librairie dans le marais. Il y avait un escalier en colimaçon pour atteindre le sous-sol où se tenait la lecture.  On allait se débrouiller, pour porter mo…

Au jour le jour de Paul Vacca

Dans Paris à chaque coin de rue, les souvenirs murmurent. Des destins, des folies, des frivolités ou des peuples furieux. Des badinages ou des tragédies. Des gloires et des détresses. Des anciens coupe-gorges ravalés en établissements de qualité. Des fantômes de grisettes, de gredins ou d’étudiants en goguette.
C’est dans cette ville-univers qui bruisse de ses passés que Paul Vacca a trempé sa plume pour écrire Au jour le jour (paru chez Belfond), racontant l’allégresse et la folie que furent les Mystères de Paris d’Eugène Sue, ce feuilleton phénomène qui marqua le XIXème siècle littéraire. J’avais rencontré l’homme au chapeau à une dédicace. Je ne le connaissais pas autrement que virtuellement et j’ai aimé d’emblée son sourire.
Je l’ai retrouvé dans son livre.


Il y a longtemps que je n’aie lu une cavalcade littéraire, un foisonnement qui sonne comme un opéra de Mozart. Un texte qui sourit, qui vous entraine en lui comme dans une parenthèse enchantée. Quand les temps jadis reco…

Presque ensemble de Marjorie Philibert

Rien n’est plus dur que de parler de l’ordinaire.
Parfois en société, je m’émerveille de ces conversations qui ne disent rien, de ces vies interchangeables où il ne se passe rien, de cette manière dont on entend la rumeur lointaine du monde, le souffle de l’histoire auquel les gens semblent indifférents, pris dans leur routine et leurs cellules de vie. Parfois, le soir, à la fenêtre des taxis, je m’abime à contempler les lumières derrière les fenêtres des immeubles. Ces existences séparées par trois fois rien et qui vivent pourtant dans une parfaite indifférence. C’est fascinant, ces concentrations banales de solitudes. Ça me saisit souvent, cette ivresse de la banalité, ce pilote automatique qui vous dirige jusqu’à la mort, sans que vous y preniez vraiment garde.
Personne n’a envie d’une biographie banale. Et pourtant il y a du vertige là-dedans. On le ressent chez Perec dans les Choses, dans la poésie du quotidien chez Jean-Pierre Jeunet. Mais c’est rare de voir défiler une vie de…