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Articles

Affichage des articles du mai, 2017

Moro-sphinx de Julie Estève

« Il n’y a rien de plus déchirant que d’entendre le rire perdu de l’amour »
C’était fait. On y était. La phrase en plein dans le cœur. Celle qui vous coupe le souffle.

J’avais senti, aux premières phrases de Moro-Sphinx de Julie Estève (paru chez Stock) que quelque chose se passait. La première scène. Une femme qui contemple son amant dans le lit qui ronfle un peu et lui plante un couteau dans le cœur. Des phrases comme des fulgurances qui transpercent. Des flashs intimes.
Bizarrement j’ai reposé le livre. Il m’est arrivé par hasard en janvier, au détour d’une conversation avec une amie. Je le gardais pour plus tard en numérique, quelque part dans ma liseuse. Je savais qu’il lui faudrait sa place. Je savais qu'il allait m'engloutir. Je me suis dit que je n’aurais pas les mots pour en parler. C’était trop intense et trop proche. Du deuil, de la rupture, du sexe et de l’amour. Un voyage au bout de cet enfer-là. Un roman comme une hallucination, peuplé du spectre et de l’obsessi…

Rencontrer Lisa Liautaud, observer les livres, se relier au monde

J’ai découvert Lisa Liautaud en même temps que j’ai redécouvert les livres.
C’est étrange et souterrain la littérature. J’en ai toujours été pétri. Il ne se passe pas de jours où je n’écris pas, d’une manière ou d’une autre. Mon rapport à la lecture est plus chaotique, plus ombrageux, plus passionné et plus erratique. J’en ai été presque dégouté à la fac, où seuls Baudelaire et Dostoïevski avaient su garder mes égards. Je n’en pouvais plus des chapelles, de l’austérité, des cuistres, de ces écrans de citations dont on travestit la vacuité, les grands noms que l'on honore paresseusement pour avoir une bonne note, sans toujours les aimer. Alors je n’en ai pas parlé pendant longtemps. Me disant que plus rien de bien intéressant ne se faisait, en tous cas pas en France, avec la morgue caractéristique de ceux qui ne savent plus voir. J’avais besoin de vivre. J’avais besoin de me confronter au monde. En me plongeant dans le cinéma (on n'est pas à un paradoxe près !).
Et puis, peu à pe…