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Articles

Affichage des articles du juillet, 2017

Handi Gang de Cara Zina

L’autre jour une amie me dit qu’elle sort d’une colère noire, car on venait de lui expliquer au téléphone que la Tour Eiffel n’était pas totalement adaptée aux fauteuils roulants, que l’on n’y pouvait pas monter facilement. Je sens sa fureur. Je lui oppose un truc ironique. Comme c’est mon réflexe, comme pour me voiler la face. Pour éviter la colère. Ça sonne faux. Ça tombe à plat. Ça me dérange. Souvent j’arrive à tricher avec ça. Je lui dis que j’ai l’habitude. Que c’est révélateur que le plus grand symbole français ne soit pas totalement accessible. Moi je suis immunisé maintenant, pensais-je. Je tourne autour. Je m’y fais. Je me résigne. Je m’avoue vaincu et je fais pas chier, comme c’est la loi non écrite dans à peu près tout ce qu’on entreprend quand on est assis.
Et là, ce jour-là, je me dis qu’elle est belle sa fureur. Qu’elle est normale. Qu’elle découvre un peu ce que je vois chaque jour, jusqu’à en développer une certaine indifférence, un certain fatalisme, une certaine l…

L'Appel de Portobello road de Jérôme Attal

C’est une mélancolie étrange de refermer un livre. Clore une parenthèse. 
Ça fait le même effet que de quitter une maison qui a abrité la félicité de quelques jours de vacances. Avec la découverte de sensations qu’on n’aura jamais plus, ou plus vraiment comme ça. On pourra revenir sur les lieux, mais ils ne se dévoileront pas comme sous la surprise et la naïveté des premiers regards. J’ai refermé L’Appel de Portobello road de Jérôme Attal (publié chez Robert Laffont) il y a cinq minutes. Et je ressens un peu ça.


J’avais l’intuition que j’allais bien l’aimer. Parce que le mec m’avait fait bon effet. Je l’avais croisé à une soirée d’anniversaire, sans avoir rien lu de lui, il m’a fait une dédicace touchante au salon de Saint Maur en poche, un dimanche de fin juin. On a conversé un peu, lui connaissant un peu mon albatros et mon facebook et moi dans l’attente de le lire. Un type sympa, doux et chaleureux, qui profitait de la rencontre et en prenait le temps, collant des gommettes un peu…

Un Funambule sur le sable de Gilles Marchand

J’avais adoré l’année dernière Une Bouche sans personne de Gilles Marchand. 
On ne se connaissait pas. Ma lecture l’avait touché. On s’est croisés à sa signature, et puis à une remise de prix. Il m’a parlé de son nouveau roman qu’il débutait alors, quelque part en novembre. Il m’a demandé si je pouvais le lire, au fil de son écriture, car le sujet, me disait-il, était proche de moi et qu’il voulait qu’on en parle. Il voulait évoquer la différence et le handicap à sa manière, voulait connaître l’expérience que j’en avais, pour voir s’il était juste.
Me cassant régulièrement les dents sur le sujet, j’étais très curieux. Et très impatient. Je crois que c’est à ce moment qu’on est réellement devenus amis, lui dans cet état fébrile du mec qui crée un truc et dont j’allais être l’un des premiers retours, et moi dans la peau de celui qui souhaite de toutes ses forces être à la hauteur de cet honneur, car c’en était un. Et puis j’ai découvert sa merveilleuse histoire, ce roman d’apprentissage,…