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Articles

Affichage des articles du septembre, 2017

Et soudain, la liberté de Caroline Laurent et Evelyne Pisier

J’attendais dans le petit café, rue Etienne Marcel où je commence à avoir mes habitudes.
Une dizaine de jours auparavant, j’avais retrouvé Caroline Laurent, au hasard d’un salon littéraire à Nancy. Et pendant une table ronde, j’avais découvert dans sa voix le souvenir intact de son amie Evelyne Pisier, dont je n’avais jamais entendu parler. Caroline et moi nous étions rencontrés lors d'un déjeuner glorieux chez Caroline Vié. L’une de ces amitiés qui s’ébauchent comme des évidences et des promesses qui demeurent en suspens, dans l’attente d’un lendemain. On avait parlé de littérature, de Charlie hebdo, de tout ce qui nous fait vivre et respirer. D’engagements aussi dont notre génération indolente découvrait l’urgence, des convictions ancrées en nous que le drame faisait ressurgir. Et notre époque dépouillée d’idéaux découvrait la violence du monde et ne savait trop quoi lui opposer.
Caroline Laurent était absente des réseaux sociaux quand j’y étais omniprésent. On n’avait pas pu …

Barbara, roman de Julie Bonnie

Un frisson, aussi ancien qu’intense lorsque j’entends la voix de Barbara. Vibrante de son intimité à elle, résonnant dans mon intériorité à moi, par la grâce des chansons qui sont indissociablement liées à des visages, à des souvenirs. A tout ce qui passe. A tout ce qui demeure.
L’arbre du bois de Saint-Amand. La larme pour Gottingen. Les yeux de Jade à Marienbad. Le 25 rue de la Grange au loup à Nantes. L’enfance vers laquelle on a tort de revenir, la solitude des insomnies, la difficile petite cantate ou la plus belle histoire d’amour… Toute cette galaxie d’émotions que je n’ai jamais vraiment su évoquer, parce que, parfois, admettre aimer Barbara, c’est admettre être blessé en permanence, comme cette voix et ce souffle, et qu’elle est comme un secret aussi, une confidence un peu impudique.
Peu d’artistes en vérité m’ont accompagné autant qu’elle, quand j’avais 20 ans. Quand j’avais besoin d’une voix pour m’y agripper comme à une planche de salut. Une amie qui exprimerait ce que j…

Le Livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

C’était la semaine dernière, à peine.
Je pourrais autant dire que c’était le siècle dernier, tant j’ai eu l’impression de traverser depuis une existence fébrile et foutraque. Comme un coup de pression, mais c’est une autre histoire. C’était devant une petite librairie à la devanture rouge, dans le 20ème. Juste à côté d’une église. « Le Monte-en-l’air », ça s’appelait. Je prends un taxi qui tente de me convertir et de sonder ma foi d’athée convaincu à coups de « Dieu soit loué ». Je capitule paresseusement, j’ai la tête ailleurs. Je simule un catholicisme de circonstance pour avoir la paix tandis que le trajet s’éternise et que le compteur monte.


Je vais rencontrer Erwan Larher. Et ce livre qu’il ne voulait pas écrire qui vient de sortir chez Quidam. Je ne le connais pas Erwan. Enfin juste par facebook. Mais j’ai suffisamment d’expérience maintenant pour admettre que ça ne veut rien dire. On peut s’inventer une foule d’amis virtuels pour peupler le désoeuvrement, et rêvasser des vies…