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Articles

Affichage des articles du novembre, 2017

Correspondance Albert Camus, Maria Casarès

C’était une lecture absolument déraisonnable. Mais elle collait à mes états d’âme. Je contemplais les livres en retard amoncelés comme des piles de remords sur mes étagères. De ces chroniques ajournées qu’aucune excuse ne pourrait plus absoudre. Pourtant j’avais acheté sans trop réfléchir ce gros livre, la Correspondance d’Albert Camus et de Maria Casarès parue chez Gallimard. Presque sur un coup de tête. Au début, je me disais que je le lirais plus tard, mais qu’il me le fallait. Je ne lis d’ailleurs presque jamais tout de suite les bouquins que j’achète. Mais j’aime les avoir, comme un amateur de vins accumule les grands crus dans le secret de sa cave. J’ai probablement déjà toute une vie qui m’attend dans ma bibliothèque. Il est presque réconfortant de savoir que je n’en viendrai jamais à bout. Comme un pied de nez à la finitude.
Pourtant, quand je reçois l’ouvrage, je me jette dessus. J’ai aimé Camus passionnément quand j’étais étudiant. Pas vraiment pour ses romans mais pour ses…

Ma participation au recueil collectif "Petit ailleurs" publié chez Antidata

Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas le chroniquer ce livre-là. Je suis dedans, ça sonnerait étrange. Mais je vais quand même indiquer qu'il existe et comment il est né.

J'avais presque renoncé à cette idée, écrire de la fiction. J'étais heureux ici ou chez addict-culture. Parfois je me fendais d'un poème quand la nécessité s'en faisait sentir et que la démangeaison était trop forte. Je les publiais sur facebook et je les oubliais. Pour être plus précis, je ne voulais plus me confronter à ça, à mes textes à moi. C'était s'exposer, se mettre en danger et j'avais depuis longtemps perdu mes illusions sur le mythe de l'écrivain romantique. J'étais heureux avec les mots des autres, à me cacher derrière, à les interpréter comme un musicien qui aurait de belles partitions.

Mais bon... j'ai toujours écrit, c'est vrai. D'une manière ou d'une autre. Comme beaucoup de gens d'ailleurs. Mais je n'avais vraiment plus dans l&#…

Depardieu chante Barbara au Cirque d'Hiver

Le Cirque d’hiver était plongé dans la nuit tendre de début novembre.
J’avais pris les places il y a quelques mois. Gérard Depardieu était passé dans un théâtre un peu plus tôt dans l’année pour interpréter des chansons de son amie Barbara. Et la célébrer, la faire revivre avec une force d’émotion qui a sidéré tous ceux qui en furent témoins. Barbara demeure la compagne de mes vingt ans, quand pétri de malaise, je l’écoutais en boucle et qu’elle était l’une des seules à parler mon cœur. C’est drôle quand on découvre un langage à soi dans la voix d’une autre. Comme un fragment d’âme qu’on partagerait. Qui nous consolerait aux moments de grand froid. Alors saisissant ma seconde chance à l’annonce de ce spectacle, de l’un des plus grands acteurs vivants, je m’y précipitais, pour me réchauffer à ce feu-là. Et y emmener ma mère qui les aime tous les deux depuis toujours.


De Gérard Depardieu, je ne retiens que la force d’émotion qu’il est. Un passeur exceptionnel de sensibilité. Je me fou…