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Articles

Affichage des articles du février, 2018

Ni tout à fait une autre de Caroline Vié

Connais toi toi-même qu’ils disaient. Facile à dire…
Comment se connaît-on quand l’homme qu’on aime et à qui on a voué sa vie, finit sa trajectoire de rock star une seringue plantée dans le bras ? Comment a t’on pu s’oublier et qui est-on quand ça fait si longtemps que l’on ne s’occupait que de lui, à faire ses bagages, à gérer sa carrière, à l’attendre ? Sa première muse et l’inspiration de son premier succès, cette femme étrange et singulière qui a passé son temps à le tenir à bout de bras, pour se racheter d'un premier « stage diving » où il s’écrasa à ses pieds. Que faire quand tout ce qu’on connaissait de soi, c’était lui ?
Caroline Vié est une amie. Et une amie chère. Une femme qui me fait irrésistiblement sourire, avec une culture impressionnante, un esprit délicieux, et un talent de plume qui a motivé notre rencontre, il y a quelques années à l’occasion de la sortie de son premier roman. C’est quelqu’un que j’aime profondément. Et il y a de la délicatesse à parler des gens q…

Leur séparation de Sophie Lemp

Je finis ce livre à l'instant. Je n'avais pas prévu d'écrire aujourd'hui. Mais le frisson au bout de la dernière page, je l'ai trouvé beau. Parfois il faut se rendre à l’émotion et suivre le mouvement qu’elle impose.
Je n’aurais probablement jamais lu ce livre si je n’étais allé à une signature de Lisa Balavoine, dont j’ai aimé fort le premier roman, Eparse (que j’ai chroniqué pour addict-culture). J’aime l’écriture de l’intime. La vie des autres qui s’offre et dans laquelle on se reconnaît. Ce lien étrange que les mots peuvent instaurer entre les cœurs qui ressentent trop fort. Les sensibilités écorchées par l’existence trop rude pour eux et qui viennent s’apaiser dans les livres. J’aime les fragments de passé intacts que l’on fait siens quand on les lit. Même les cruels. Même les traumatismes. J’aime qu’on se livre et qu’on ne raconte pas d’histoires. J’aime quand les masques tombent. J’aime les larmes et les sourires sincères. Les seuls frissons qu’on puisse part…

Journée exceptionnelle du déclin de Samuel Cramer de Agnès Michaux

C’était en septembre à Nancy. Dans ce grand salon du livre. Le moment venu, je le pointerai sans doute comme le moment où mon avenir a commencé. Je ne le savais pas. Ces trois jours du « Livre sur la Place » ont contenu tous les visages qui ont peuplé les mois suivants, comme des pressentiments, des allusions obscures. 
J’ai toujours su que la vie avait beaucoup plus d’imagination que moi. 

Dans l’ascenseur de l’hôtel où j’étais descendu, il y avait cette femme dont je connaissais le visage. Dont j’avais même salué une fois virtuellement la beauté des mots, dans un extrait partagé sur un réseau social. Je lui en avais demandé la provenance en commentaire. Il était d’elle, et de ce livre Journée exceptionnelle du déclin de Samuel Cramer, publié chez Belfond. Je trainais la mauvaise conscience et le remords de ne pas l’avoir lue. Elle n’en a rien su dans mon « bonjour » embarrassé. Il est des livres qu’on rate en sachant qu’on ne le devrait pas. Car sans les connaître, on ne se remet jama…