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Articles

Affichage des articles du août, 2018

Les enfants frapperont-ils encore? de Laure Catherine

C’était un jour de fin juin. J’avais été invité à la présentation de la rentrée littéraire des éditions de l’observatoire avec d’autres blogueurs. Laure Catherine serait là pour y parler de son premier roman Les enfants frapperont-ils encore ? J’avais lu une centaine de pages, en catastrophe avant de venir, en incorrigible bon élève qui ne supporte pas de se pointer sans avoir révisé. 


J’accroche.  Ça tient à rien. Le style direct, ce parfum d’authenticité. D’intransigeance et de marge. Pas la marginalité posée des rébellions de pub de parfum, le cynisme de nos temps (et de tous les temps d’ailleurs) où l’anticonformisme le plus absolu finit par n’être qu’un motif de marketing. Où la jeunesse est idolâtrée en même temps que crainte. Où on oublie son spleen, son malaise, ce sentiment pénible d’exclusion et d’incompréhension qui vous saisit et vous domine entre 15 et 20 ans et dont les gens sont si vite oublieux, noyant leurs tendances suicidaires sous une nostalgie mièvre.
Ça me plait…

Simple de Julie Estève

Julie Estève a été avec Moro-Sphinx, son premier roman, l’une des rencontres les plus fortes de ma vie de chroniqueur littéraire. Elle m’avait impressionné avec son style intransigeant, viscéral, qui allait à l’essentiel. Son audace incroyable aussi. Quand on s’est vus, on s’est tout de suite bien entendus, partageant le même genre de folie et les mêmes aspirations. Elle m’a parlé pour la première fois de son roman quelque part au début de l’été dernier. De l’inspiration qu’elle avait puisée en Corse, de la trajectoire de son héros simple d’esprit. 
J’étais intrigué, ça semblait extrêmement différent. Un jour de décembre, elle m’a envoyé le manuscrit pour que je lui dise ce que je pense de la « dramaturgie », se demandant si on s’attachait à l’histoire. J’ouvre le fichier. Je le lis sans attendre directement sur l’écran. Et je suis estomaqué. Tellement que je n’attends pas pour réagir et finis par lui commenter le roman au fil de ma découverte par SMS. Cela a donné un échange assez s…

Sujet inconnu de Loulou Robert

J’aime les gens dont on entend la voix quand ils écrivent. Ceux dont on devine le regard derrière les phrases. Ceux qui ont un débit de mitraillette. Ceux qui vous vrillent. Ceux que vous lisez tout haut, en sentant vos cordes vocales vibrer d’un nouveau rythme.
Loulou Robert c’est ça. 
J’arrive après la bataille. Je me souviens d’une émission à la télé il y a longtemps où elle évoquait son premier roman, et où j’avais été sidéré par cette fille, sa manière de contenir ses personnages, de les désigner comme s’ils étaient de chair et de sang. Comme si elle venait de les quitter. Et je me disais « il y a là quelqu’un, il faudra la lire ». Je l’ai croisée une fois ou deux. La première sans oser lui adresser la parole, honteux de cette promesse de la lire que je m’étais faite sans la tenir. La seconde où elle m’enjoignait à me lancer, à écrire, à m’en foutre. Je ne l’avais toujours pas lue. J’étais bien emmerdé de louper le rendez-vous encore. On sait toujours quand on les manque, les ge…

Danse d'atomes d'or de Olivier Liron

Certains livres ressemblent à des rendez-vous.

Des rendez-vous avec soi, avec des secrets. Avec ce qui nous rend vivants. Avec ce qui nous fait désirer, respirer. Avec les songes dont les ombres s'attardent à la lisière de nos paupières avant l'aube, quand on est réveillé trop tôt. Certains livres semblent déjà vous connaitre. Vous déchiffrer. Vous démasquer. Vous pouvez vous cacher derrière vos poses, vos contorsions et vos écrans de fumée, ça vous vise en plein coeur. ça vous incite à vous dévoiler pour en parler.

La bonne littérature, en vrai, ça vous met au pied du mur et ça vous fout dans la merde.

Comment je fais moi, pour vous parler de Danse d'atomes d'or alors? De cet Olivier Liron dont je sens bien qu'il est un semblable?



Vous dire que c'est mon amie Amandine qui me l'a présenté ce livre, me disant qu'elle ne comprendrait absolument pas que je passe à côté tant il me ressemble. J'aime poser mon regard sur les mêmes mots qu'elle de tout…