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Articles

Affichage des articles du septembre, 2018

Ce que l'homme a cru voir de Gautier Battistella

Parfois des rendez-vous manqués vous reviennent avec une amertume un brin paradoxale. J’aimais bien Gautier Battistella. Des quelques échanges que nous avions eus, on sentait qu’il y avait là un terrain commun. Il m’avait envoyé son roman précédent, je n’avais pas pu rentrer dedans. Je m’étais contorsionné pour le lui dire, je ne sais plus trop comment. Il avait pris la chose avec une grande élégance, m’en voulait si peu qu’il m’envoya son dernier roman, Ce que l’homme a cru voir, qui vient de paraître chez Grasset. Il savait qu’il pouvait me plaire, m’avait-il écrit. Mon amie Charlotte, du blog Loupbouquin, l’avait même qualifié de chef d’œuvre dans l’une de ses magnifiques chroniques poétiques. J’aime ce genre de passion, ce genre d’exaltation et l’absence de nuances qui suit les vrais mouvements du cœur quand ils s’accordent aux mots.


La passé… Celui qu’on oublie, celui qui vous poursuit, celui dont on efface les traces. Celui qui finit par vous traquer, tapi dans toutes vos ombre…

Une Nuit avec Jean Seberg de Marie Charrel

Fin juillet dans une maison de pierres épaisses:

La déconnexion relative que m’apporte ce lieu au cœur de la campagne et dans le vrai silence m’incite à la lecture. Je garde un souvenir lumineux d’une lecture qui faisait partager le souffle d’un destin dans le précédent roman de Marie Charrel. On s’était salués à Nancy lors du salon bondé du livre sur la place, aussi timides l’un que l’autre. On s’est revus il y a quelques mois. J’étais encore intimidé et dans l’exubérance de la préparation d’un livre, j’avais parlé beaucoup, je veux dire beaucoup plus qu’à mon habitude. J’étais nerveux encore. J’aimais les mots de Marie Charrel et je me comportais comme un admirateur. Elle souriait. Je me suis calmé. Elle m’a parlé du livre qu’elle finissait alors, Une Nuit avec Jean Seberg, publié chez Fleuve. De nouveau, la connivence d’inspiration fut évidente.



Ce livre elle l’a écrit pour sortir de la nuit. Après s’être immergée profondément dans la tragédie du destin de Yo Laur, peintre méconnue…

Une vie de Pierres chaudes de Aurélie Razimbaud

On était fin aout, début septembre,, j’étais convié dans un restaurant iconique du quartier de Montparnasse par Albin Michel pour rencontrer une auteure, Aurélie Razimbaud, dont je n’avais pas lu le premier roman qui venait de sortir, au titre pourtant merveilleux, Une vie de pierres chaudes.  Jusqu’au dernier moment j’ai hésité à m’y rendre, me faisant l’effet d’un imposteur. Mais ce livre m’intriguait fort et il y aurait là des gens que j’appréciais. Tant pis, j’afficherais mon ignorance, je serais l’innocent à convertir. Au pire, j’aurais droit au goudron et aux plumes. Parfois, on doit vivre dangereusement.


La rencontre se déroule. Je découvre une jeune femme qui a porté ce livre pendant deux ans, qui a fait des recherches poussées pour s’imprégner de la guerre d’Algérie. Elle parle avec passion, de la structure même de son roman, la logique des souvenirs où les époques se croisent dans une étrange logique, la manière dont la mémoire n’est jamais linéaire. Ça m’intéresse fort. Je…