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Articles

Affichage des articles du janvier, 2019

Chemins de Bibliothèque: les années d'apprentissage de David Meulemans

A chaque fois que je parlais avec David Meulemans, éditeur aux Forges de Vulcain, et notamment responsable de ma découverte de Gilles Marchand,  je lui disais que je voulais faire un portrait de lui. J'en avais écrit une ébauche en chroniquant Shepard Lee, reprenant une conversation téléphonique hallucinante entre lui et moi pour structurer mon propos. Cependant, mon grand oeuvre demeurait à faire. Avec l'apparition de cette nouvelle rubrique, chemins de bibliothèque, il fut parmi les premiers à qui j'ai songé. Au lendemain de la parution de ma première chronique de ce genre, je le lui demande. Il acquiesce en riant. Rendez-vous est pris chez moi, un vendredi matin pour évoquer sa biographie livresque.



Il s'installe sur le divan. Je sens une forme d'émotion quand j'enclenche le dictaphone. Du trac. Il a préparé une liste sur une fiche rose et griffonnée. Je connais sa culture, protéiforme et ouverte à tout, son érudition à toute épreuve et son savoir quasi ency…

Chemins de bibliothèque: Pierre, de Babar à Kant

Je songe depuis longtemps à cette rubrique. Parler des livres autrement, non plus directement, mais de tous ceux qui les maintiennent en vie. Faire de mon albatros une sorte de mémoire, de récit des rencontres qui m'ont fait réaliser à quel point la littérature vibrait chez ceux qui s'y consacrent. A quel point elle est même de première nécessité, pour les libraires, les blogueurs, les auteurs, les éditeurs que j'ai pu croiser. Mais avant tout, les lecteurs. J'ai envie de raconter cela à présent, cette belle flamme au fond des yeux, cette passion dévorante. Brosser ce genre de portrait, arpenter ce parcours de sensibilité. Confesser qu'en entrant chez quelqu'un, je me dirige d'autorité vers sa bibliothèque pour savoir qui il est, pour voir si on peut s'entendre ou pas.



J'ai rencontré Pierre il y a un peu moins de trente ans. J'avais quatorze ans, et j'étais déjà mordu de littérature. Dans la bande d'amis qui gravitaient autour de mes par…

Un soir dans le Chant d'amours de Claire Barré

Je n'ai rien manqué des derniers livres de Claire Barré. Pour moi, notre rencontre, sous la lumière de ma chère Layla Metssitane qui, un soir, m'entraina à une lecture de Ceci est mon sexe, a tout d'une illumination (cette phrase est trop longue, mais néanmoins intelligible, je le jure!). Claire irradie. Jusque dans la provocation. Jusque dans l'érotisme fièrement et poétiquement assumé. Elle a le panache d'un ange audacieux et contrasté, une magicienne blanche qui vous prendrait dans ses sortilèges et dans ses mots, émerveillés et éperdus. J'ai lu Chant d'amours, paru ces jours-ci chez Sable Polaire. J'avais retrouvé Claire, une fin d'après-midi pour lui faire de vive voix mon premier retour. C'était dans un bar d'hôtel assez froid et je couvais un rhume qui entrecoupait mon discours d'une toux irritante. Mais elle était là, à recueillir mon admiration tuberculeuse, comme la soeur d'âme et d'art qu'elle est devenue pour moi.…

La nouvelle collection Arpège de chez Stock

C'était un matin singulier. Les manifestations étaient prévues dans l'après-midi. Quand j'avais ouvert le rideau, il faisait encore nuit. J'étais convié au lancement de la collection Arpège que dirige mon éditrice Caroline Laurent chez Stock. Je n'étais pas directement concerné n'étant pas lancé sous cet étendard, mais elle m'avait grandement encouragé à être présent. Evidemment je savais que je n'allais pas échapper à être évoqué.



J'y allais cependant pour Arpège. Pour le livre de Theodore Bourdeau, Les Petits Garçons, pour le superbe les Heures Solaires de Caroline Caugant et pour enfin soutenir mon amie Agathe Ruga, dont le roman, Sous le soleil de mes cheveux blonds, sortira en mars en même temps que le mien, ce qui a encouragé entre nous un lien singulier et complice.

L'heure est très matinale, incongrue un samedi matin. Je ne suis pas encore vraiment sorti du sommeil. Et je découvre la librairie Ici, nouvellement ouverte sur les Grands Bou…

Des hommes couleurs de ciel de Anaïs Llobet

Anaïs Llobet fut avec son premier roman Les Mains Lâchées paru il y a deux ans chez Plon, une révélation pour moi. Une manière d'investir le présent, le monde et l'histoire. L'actualité qui nous assaille de son flot tyrannique, les catastrophes dont elle sature nos regards sans qu'on puisse vraiment les intégrer. Anaïs écrivait à hauteur d'homme et à portée de regard, sans s'abstraire de l'évènement qu'elle décrivait, mais le donnant à entendre très fort, écrivant à quel point tout résonne dans l'intériorité. En recevant Des hommes couleur de ciel, qui vient de paraitre aux éditions de l'Observatoire, c'est cette plume que j'ai retrouvée, et son exceptionnelle prise au monde.



Rendez-vous avait été fixé dans un petit café aux confins du 9ème arrondissement, un vendredi doux et gris. Anaïs qui vit à Chypre et travaille à l'AFP était de passage à Paris. Je lui avais écrit mon admiration, avais été incapable de lui parler convenablement …