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Articles

Affichage des articles du mars, 2019

Fanny et Alexandre: épiphanie à la Comédie Française

Il est des lieux où on n’ose pas rentrer. Intimidés par leur histoire, par leur connotation, par leur caractère auguste. 
Je tournais autour de la Comédie Française depuis des mois. Des années peut-être. Cherchant en moi le prétexte d’une sortie, d’une occasion, d’une invitation. Au détour d’une conversation avec une amie très chère, je lui dis. Que je n’y suis jamais allé. Que c’est l’un de mes rêves. De ceux dont on sait qu’ils sont possibles sans jamais les réaliser vraiment. La Comédie Française, c’était mon tour du monde, le roman que j’allais écrire à la retraite, quand j’aurai le temps. Ces regrets que l’on berce, ce désenchantement renouvelé et voluptueux des avenirs caressés.


Fanny et Alexandre de Bergman est mon film préféré. Je suis catégorique pour une fois. Je me souviendrai toujours du choc de sa première vision. Absolu. Un tableau de l’enfance, du théâtre, de l’art, une réflexion sur l’insouciance, les exubérances de l’ivresse et du déchainement qu’elle permet, sur les …

Flâner avec Harold Cobert

L’idée de cet article est née d’un renoncement. Je ne voulais pas écrire de chroniques, m’arrêter un moment avec la sortie de mon livre et prendre du recul, éviter les lectures répétitives et mécaniques. J’ai lu Belle-Amie de mon ami Harold Cobert, paru aux Escales, et je l’ai aimé. Mais je n’avais pas vraiment la tête à me replonger dans mes articles. Alors je lui ai dit simplement. Il me répond gracieusement et en souriant que dans ce cas, nous allions faire autre chose, une « flânerie littéraire » dans ce Paris que nous aimons si fort tous deux, dont l’histoire saisit à chaque coin de rue, dont les scènes de roman assaillent à chaque façade. Nous en sommes pétris tous deux. Faits du même bois. J’arrive en retard après avoir raté mon bus. J’erre près du parapet. Sans idées noires, hormis contre la RATP, et j’entends une grande voix souriante hurler mon prénom derrière moi.


Nous descendons sur les quais réservés aux piétons que le soleil inonde. Il marche à côté de moi. Nous devison…

Chemins de bibliothèque : Dans les yeux de Sigolène Vinson

J’ai une passion pour Sigolène Vinson. 
Ça ne sera un scoop pour aucun de ceux qui me connaissent. Ses romans m’ont ouvert un monde, des sensations, des rêveries que je n’avais jamais ressenties en littérature. Et rarement ailleurs. Dans la musique peut-être, dans ces chansons qui vous transportent et qui vous murmurent ce quelque chose d’essentiel, d’indicible et qui vous contient pourtant tout entier. Il y a peu de gens que j’admire, qui m’impressionnent, vers qui je reviens sans cesse. Elle oui. Entrée directement dans mon panthéon intime, aux côtés de Jim Morrison, Patti Smith, Charles Baudelaire ou David Bowie. C’est à ce point. 
J’ai d’abord été bouleversé par ses mots. Et puis je l’ai rencontrée. On est devenus amis. On s’est reconnus, je crois. Elle m’appelle aux moments clés, on s’écrit quelques mots pour se soutenir. On s’accompagne, on se sourit, on s’encourage. Souvent je cherche son regard et elle ne tarde jamais, un mot de réconfort ou une marque de confiance. On prend …