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Articles

Affichage des articles du octobre, 2019

Nick Tosches (archive de 2004)

En 2004, j'avais consacré un long chapitre sur Nick Tosches, dans un essai intitulé L'Amérique que j'aime paru chez L'Harmattan. Cela préfigurait largement ce blog. Alors que j'ai appris sa disparition hier soir, c'est ce texte qui m'est revenu.

Nick Tosches
Le café à jeun du matin m’a mis les nerfs en pelote. Je suis en bonne disposition pour écrire. Peut-être à cause du chapitre de la main de Dante de Nick Tosches qui a dû aggraver la course de la caféine dans mon sang. Un très grand auteur, ce gars là. Johnny Depp a dit que c’était des types comme lui qui maintenaient la littérature en vie. Je suis entièrement d’accord. En outre, c’est l’image  même de l’Amérique que j’aime, celle qui assume sa noirceur.

Quand j’ai ouvert Trinités, je m’attendais à un polar banal et j’y ai trouvé un véritable poème en prose. Avec des images aussi gracieuses, aussi raffinées, aussi belles qu’une estampe chinoise.  Là, ça mérite quelques citations : 
Près d’un bouquet de hau…

Virginia de Emmanuelle Favier

J’ai eu une hésitation à parler de ce roman.
J’ai trouvé comment faire hier, devant Emmanuelle Favier,  lors d’un repas organisé par Albin Michel. Là juste devant elle. Les vannes se sont ouvertes, comme si j'avais commencé à écrire cet article sous ses yeux. Je l’avais lu les deux ou trois jours précédents, son roman intitulé Virginia. A me tourmenter pour trouver un mot. Quelque chose pour qualifier cet étrange objet qui m’avait d’abord dérouté. Je l’avais reposé même un moment, interloqué. Mais il me revenait. Il m’intriguait. Il m’interrogeait. Il me résistait assez fort pour que je m’y accroche. Parce qu’il porte en lui quelque chose d’essentiel. Qui ne se donne pas d’emblée. Il ressemble à un mystère. Comme quand on ne connait pas vraiment quelqu’un, quand on le devine par allusions, par flashs. Quand on a envie de s’approcher, sans vraiment savoir pourquoi. Quand on sait qu'il y a par ses mots, en nous, quelque chose à découvrir. 
C’est exactement ce que j’avais ressenti …

Faire l'amour de Jean Philippe Toussaint

C’était un soir.

J’avais acheté ce gros volume en un été déjà lointain et moins impécunieux. Il trônait à mon chevet dans l’attente de son moment et de sa qualité de silence. D’un moment d’ennui et d’une langueur qu’il sublimerait comme une sonate de piano, comme une mélancolie qui rhabillerait le monde. Hadia Decharrière m’en avait parlé lors d’un repas et d'une conversation profonde, de cet ensemble de quatre romans. De Jean-Philippe Toussaint qui était pour elle ce que Sigolène Vinson est pour moi. C’était l’une de ces heures où la vie vous gratifie d’une vraie rencontre. Ouvrir ce livre, c’était la prolonger, retrouver le regard d’Hadia. Une oeuvre qui compte ne survient jamais par hasard. On vit dans sa prémonition et elle règle nos comptes. On l’attend comme un vibrant amour, tout est prêt pour lui faire sa place. Estelle m’avait dit qu’elle l’aimait. Charlotte en avait écrit les louanges... se superposait sur ses premiers mots la bénédiction de mes amies précieuses.


C’étai…