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Articles

Affichage des articles du mars, 2020

Avant la longue flamme rouge de Guillaume Sire

Je ne savais rien du Cambodge. Rien des Khmers rouges. Quelques images d’actualités noyées dans le brouhaha de l’enfance. Des horreurs indistinctes dans un pays lointain. Ce livre rouge m’était parvenu il y a longtemps, avec son titre étrange, Avant la Longue flamme rouge de Guillaume Sire, paru chez Calmann Levy. Je l’ai perdu une première fois dans le chaos d’un déménagement. Il trônait sur une étagère comme un remords, comme un rendez-vous manqué, comme l’un de ces livres dont on envisage la lecture pour quand on aura le temps. De ces voyages qu’on se résigne à ne pas faire et dont on aura le regret jusqu’à nos derniers moments. J’avoue que je m’attendais presque à écrire un mot d’excuse, à Guillaume Sire, à son éditrice, Lisa Liautaud, et puis surtout à moi.


Un jour je me suis décidé à ouvrir le livre. L’horizon bruissait déjà des premières inquiétudes, des mots comme virus, quarantaine et confinement, étaient prononcés avec de plus en plus d’insistance. Le réel allait s'affo…

Un déjeuner avec Marie Eugène, éditrice chez Harper Collins

C’était une journée indécise qui hésitait entre des nuages apocalyptiques et des promesses de lumière. Une fin de rhume s’agaçait encore au fond de la gorge, et les passants jetaient sur moi des regards de reproches à la moindre toux. J’allais retrouver Marie Eugène. J’avais passé près de deux mois sans trop sortir, un peu à l’écart de l’actualité littéraire. J’avais envie de portrait, envie de dire les gens que j’aime. Marie est une amie, que je vois régulièrement et avec qui on a souvent déjeuné, parlé littérature mais légèrement. Comme en passant. J’avais tout manqué de la rentrée d’Harper Collins dont elle vient de lancer le domaine de la fiction française et dans une collection baptisée « Traversée ». J’avais lu les deux livres dont elle est l’éditrice. Je les ai aimés tous deux. Il fallait qu’on en parle.


Elle arrive. Très vite nous parlons des terres littéraires dont nous venons. Les terres américaines, la nécessité du récit, du décor, de l’ambiance, de sa manière de ne pas se…

Sankhara de Frédérique Deghelt

Une tocade.

Il m'arrive d'en avoir. De Frédérique Deghelt, j'avais lu Être beau, et son regard unique sur le handicap (pour accompagner les merveilleuses photos de Astrid Di Crollalanza). Et ce recueil de textes et de photos merveilleux, d'un érotisme élégant et poétique, Mon coeur est un murmure de toi qui danse. J'aimais son regard et j'aimais son style. Quand elle m'a proposé de me faire parvenir son dernier roman, Sankhara, qui vient de paraitre chez Actes sud, j'ai accepté tout de suite. Parce qu'il y a de la sensualité et de l'intelligence, de la profondeur dans sa plume, et que je l'ai aimé tout de suite, ce regard qu'elle posait sur le monde et sur les êtres, pour en célébrer la complexité et la singulière grâce.



L'écriture de Frédérique est toujours incarnée. C'est une littérature du corps. C'était le cas dans la Vie d'une autre, dans un registre qui flirtait avec le fantastique, l'exultation musicale de Libe…